LA FIN DE L'ANNÉE, LE MOMENT DE L'AUTO-ÉVALUATION ET DES RÉSOLUTIONS.                                                                                                                         

Publié le par TAKA PARLER

                                                                                                                    
 
Dans les sociétés traditionnelles africaines et plus particulièrement en Centrafrique, les fêtes de fin d'année sont des occasions opportunes pour faire la paix, aplanir les différends familiaux, des problèmes conjugaux, des problèmes de bon voisinage etc...et tout cela dans l'optique de prendre des résolutions, des engagements pour les années à venir. Cette épreuve est présidée généralement par le chef traditionnel, le chef de tribu, l'aîné de la famille, le tout dans le strict respect des rites traditionnels respectifs. Ainsi, s'inscrivant dans la logique de cette formule imagée, l'Etat, personne morale de droit public, détenteur de la souveraineté nationale confiée par le peuple et incarnée par le President de la République élu démocratiquement se doit de se prêter moralement à cet exercice pour améliorer sa compétitivité au plan national et international : c'est de l'auto-évaluation. L'auto-évaluation par définition est une démarche qui vise à examiner par soi-même ses capacités ou à noter ses propres résultats. C'est un regard critique sur soi. Les centrafricains comprennent à l'évidence que les intentions factuelles du chef de l'Etat ne suffisent pas car à travers cette crise, les centrafricains ont changé, dans notre nouvelle société férue de diplômes, l'obligation de résultat fait appel aux approches normatives et comparatives. Dans le contexte étatique, l'auto-évaluation permet d'identifier les défis majeurs, les attentes de la population, les priorités managériales etc...afin d'améliorer qualitativement et quantitativement ses prestations en prenant en conscience avec soi-même des résolutions pour l'avenir.
 
L'heure du mini bilan est alors arrivé. Ainsi, qu'est-ce qui a marché ou pas ? Est-ce que nos choix politiques ont été à la hauteur des attentes de la population ? Est-ce que mes stratégies et modes de gestion sont adaptés ? Est-ce que nous sommes en communion ou en symbiose avec le peuple ? Est-ce que nous sommes à l'écoute du peuple ? Est-ce que le début de mon mandat incarne réellement la rupture ? Peut-on parler de rupture quand on prend les mêmes et on recommence ? Aux États-Unis, est-ce que Donald Trump a récupéré les collaborateurs d'Obama pour la prochaine mandature ?Est-ce les centrafricains ont le sentiment de vivre le renouveau ? Toutes les personnalités étatiques soumises à la déclaration de patrimoines imposée par la constitution se sont exécutées ? Aux termes des trois trimestres de gouvernance, la constitution a été respectée ? Les droits de l'homme ont été respectés ? Pas d'arrestations arbitraires ? Ni de prisonniers politiques ? Quelles sont les réformes et modernisation entreprises par l'Etat ? Quelles sont les approches de solutions au problème de désert de compétences ? De désert de cadres ? Concernant le DDRR, quelles sont les actions déjà entreprises ? Le calendrier est-il respecté ? Quels sont les leviers à corriger ou à ajuster ? Le mathématicien de Boyrabe va t-il continuer à gérer le pays sans son propre parti politique ? Toutes les institutions prévues par la constitution à savoir le sénat et les municipales seront effectives dans le délai ? Les partis politiques d'opposition jouent-ils librement leur rôle de contrepoids ? Quels sont les rapports entre les partis politiques d'opposition et le pouvoir ? Les parlementaires jouent-ils librement leur rôle de contrôle de l'action gouvernementale ? Quels sont les niveaux de rapport entre le pouvoir et le parlement ?
 
 
A nos jours, combien de projets ou de propositions de lois ont été étudiés par les parlementaires ? Où est ce que nous en sommes avec la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance ? Les trois trimestres de gouvernance ont-ils des impacts sur le quotidien de la population ? En faisant une projection sur le rythme et le reste de la mandature, pensez-vous que vos ambitieux projets de société sont encore réalisables ? La délégation centrafricaine était euphorique après la table ronde de Bruxelles alors que vous êtes sans ignoré que l'argent ne veut pas entendre les bruits des armes, pensez-vous que cet enthousiasme est toujours le même ? Toutes les tentatives de négociations avec les groupes armés ont échoué et ces derniers continuent de se construire une fortune faramineuse au détriment du trésor public, maintenez-vous toujours l'approche de négociation avec les groupes armés ? Êtes-vous tenter de changer de stratégie pour suivre l'avis des experts en sécurité et désarmement qui privilégient l'épreuve de force ? Ces innombrables questions qui demeurent sans réponses et qui font l'objet de notre auto-évaluation sont aussi valables pour les parlementaires, le gouvernement, la hiérarchie militaire et même la communauté internationale car la Minusca doit remplir pleinement son mandat tel que défini par la résolution du conseil de sécurité de l'ONU en se muant de force de maintien de la paix en force d'imposition de la paix. Il faut noter enfin que l'auto-évaluation ne se limite pas seulement à l'auto correction car cette dernière à elle seule ne suffit pas. Il faut en complément revoir sa politique managériale et aussi les approches et méthodes. Souvenez-vous que l'intérêt supérieur de la nation passe en priorité. A l'occasion, nous saisissons l'opportunité pour souhaiter de bonnes et joyeuses fêtes de fin d'année à nos autorités, de la présidence à la primature, en passant par les parlementaires, la hiérarchie militaire, l'administration centrale...bref tous les centrafricains. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                                                              
 
Paris le 24 décembre 2016.
 
Bernard SELEMBY DOUDOU
Juriste, Administrateur des Elections.              

Publié dans Opinions

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GAGA 24/01/2017 16:19

Ahahahahahahahahaha…………………
Le ciel s’éclaircie en Gambie avec le départ négocié du Caïd du coin qui se prenait pour un demi Dieu sur cette terre perdue d’Afrique logée dans le ventre mou du Sénégal. Oh..que Dieu nous préserve de ce genre de Quidam qui prend ses hallucinations pour de l’argent content et qui pense imposer ses démences et sa mégalomanie à tout un peuple qui ne demande qu’à vivre paisiblement.
Néanmoins, à la lecture rétrospective de l’accord qu’il a lui-même négocié ligne par ligne pour sa sortie, il est facile de lire et de comprendre ce qui se passe dans la tête de ce parvenu qui se prend pour le ciel et qui subitement devient mortel comme tout le monde. La recherche de l’impunité pour lui et les siens est le fil conducteur de cet accord. Voilà quelqu’un qui exerce un pouvoir sans partage, écrase tout le monde, décide de la vie ou de la mort sur ses compatriotes avec Coran et canne de berger à la main, qui aujourd’hui se retire tout en assurant ses arrières contre des poursuites judiciaires. Dans ce genre de situation la religion sert de l’opium pour endormir le peuple afin de mieux le contrôler et le dominer. Certains sous nos cieux ici utilisent la même stratégie en portant des soutanes et en marchand pieds nus pour nous écraser. Ils nous abreuvent des discours et références religieux d’un côté et de l’autre ils utilisent leurs hommes de main pour nous écraser. Après que la bénédiction du Bon Dieu les a quittées, ils deviennent sages et montent des stratégies pour échapper à la Justice des Hommes. Dans une démocratie, ancrée sur un socle laïque, l’exercice du pouvoir doit être séparé du fait religieux qui lui relève du domaine privé. Faire autrement, c’est joué avec le feu et celui-ci finira par vous brûler.

GAGA 04/01/2017 10:03

Ahahahahahaha…….
Les représentants de la presse privée qui habituellement sont des donneurs de leçons en matière de démocratie sont aux abois et ne savent plus où donner de la tête. Au point où, ils caressent le rêve de fouler aux pieds le sacro saint principe de la séparation des pouvoirs qui caractérisent le bon fonctionnement d’une démocratie normale qu’ils défendent pourtant à longueur des saisons dans leurs publications. Faire appel au pouvoir exécutif pour régler une affaire pendante devant la justice relève d’une mauvaise compréhension des règles de fonctionnement d’une démocratie. Si le président accède à leurs revendications cela devient de la forfaiture ou d’une trahison de son serment. Quel que soit la nature du litige qui les oppose avec cette famille, seul la justice est compétente pour régler ce différent. Quelque soit le verdict, il s’applique à tout le monde. C’est le choix de la forme de la gestion de la cité que le peuple a fait en adoptant la constitution de 2015. Faire recours à un autre chemin pour régler des différents parce qu’on est détenteur de la plume est un renoncement pur et simple à la démocratie. La loi c’est la Loi, elle est dure, elle est impitoyable mais c’est la loi. Tout le monde (y compris le Président de la République) est tenu de la respecter.

GAGA 03/01/2017 11:42

Ahahahahahahaha……….
Dans quel monde nous vivons ? Certains de nos élus qui prétendent être des portes voix du peuple non ni la compétence, le niveau technique requis pour jouer ce rôle. Ils vivent avec nous dans ce monde de début de vingt unième siècle tout en ayant des idées et des rudiments des concepts du siècle dernier.
De quoi s’agit-il ?
Le concept fétiche (tant aimé par certains de nos élites aux compétences douteuses et partisans de la médiocrité et de la loi du moindre effort) qui sert de bouclier pour continuer à nous servir de la mauvaise qualité est la « préférence nationale » que certains (pas tous heureusement) de nos élus ont utilisés pour enfermer le dernier débat sur le Code du Commerce afin d’exclure ceux qu’ils appels « les étrangers ». Jusque là rien d’étonnant car en croire les dire sur les réseaux sociaux, plus de 40% des élus de la présente législature sont analphabètes. Eux servent de caisse de résonnance pour cette frange partisane de la médiocrité et de la loi du moindre effort. Par contre, là où c’est étonnant, c’est le silence de ces grosses pointures économiques qui peuplent les couloirs de la Représentation nationale qui eux ont le niveau requis et comprennent les mécanismes qui sous-tendent le fonctionnement actuel de l’économie mondiale. En plein 21ème siècle qui est le siècle de la mondialisation, des ouvertures des économies et d’intégration des marchés et des capitaux, adoptés des textes qui enferment un petit pays est non seulement archaïque mais contraire aux intérêts même de ce pays. Ce là équivaut à protéger des canards boiteux pour continuer à nous service de la mauvaise qualité. Les empêcher à affronter la concurrence pour s’améliorer et les mettre à l’abri de l’effort pour gagner des parts de marchés intérieur et extérieur. En sommes condamnés nos entreprises à ne pas créer d’emploi, de payer des impôts et d’engranger des dividendes pour réinvestir car les meilleures ne peuvent pas émerger. Voilà la où cette politique va nous mener. Bon Dieu, pourquoi nos élus sont ils accrochés aux concepts économiques des années 60 qui n’ont jamais marchés sauf de protéger des entreprises nationales déficitaires, médiocres à continuer à vivre sous la perfusion et la protection de l’Etat tout en ayant des performances très faibles. Savent-ils maintenant à l’heure de la mondialisation et de la déréglementation, un produit comme le téléphone portable qu’ils tiennent dans leurs mains à une technologie Taïwanaise, un design anglais, des capitaux Saoudiens, de la main-d’œuvre Singapourienne ou Ghanéenne et le marketing américain ? Comment parler ici de la « préférence nationale » ? Tout les pays se battent via des législations nationales attrayantes pour attirer les capitaux et les technologies, le notre navigue à contre sens et s’enferme par xénophobie et manque d’esprit d’ouverture dans un nationalisme étroit et stérile. Le comble ce sont certains opérateurs économiques reconvertis en élus du peuple qui défendent ces idées pour protéger leurs intérêts (ne pas affronter la concurrence et continuer à nous servir de la mauvaise qualité) au grand détriment des intérêts du peuple. Pourquoi vont-ils chercher comme model des pays fermés comme le Gabon ? Dont la fermeture entraine des manques à gagner énormes pour la sous région et empêche l’intégration et la réalisation du marché commun sous régional. Ont ils lus les législations des pays africains comme le Nigeria, le Ghana et autres qui ont les représentations commerciales des grandes firmes multinationales comme Nike, Samsung, Coca Cola, Toyota, Sony, Nokia, Mac Donald, L.G., etc… sur leur territoire ? Combien d’emploi et d’impôt sont crées par la présence des ces firmes ? Au fait, que cherche un pays dans une telle politique ? Quelle est la vision de la RCA en matière d’emploi et de la création de la richesse ? Nos élus ont-ils consciences de la politique affichée par Touadera à New York en matière de création d’emploi pour les jeunes ? Ne savent ‘ils pas que tout est lié en économie car « toute chose égale par ailleurs » ? Le pays cherche t’il l’enrichissement personnel de certains législateurs ou la recherche de l’intérêt général via la création d’emploi pour les jeunes et l’accroissement des ressources publiques à travers l’impôt ? Ahh …. l’exclusion ici se mange à tous les plats.