L'IMPORTANCE DE LA RELANCE DE L'ECONOMIE ET DE LA RÉHABILITATION DU SECTEUR ROUTIER
Le retour à la sécurité sur l’ensemble du territoire national ne se décrète pas dans les médias. Il doit faire l’objet d’une stratégie impliquant toute la société civile centrafricaine et passe notamment par la relance de notre économie. Prenons ici l’exemple du secteur des transports qui est déterminant pour cette relance qui conditionne elle-même le retour à la paix.
Se concentrer sur ce secteur permettrait d’aider cette majorité de la population centrafricaine qui vit dans des zones rurales et qui ne peut plus s’impliquer dans différentes activités productives faute de ne plus pouvoir accéder aux marchés dans bon nombre de localités. La priorité est aujourd’hui donnée à la capitale et aux grands axes de circulation tandis que le reste du pays, délaissé se replie sur lui-même et vit comme autrefois en raison de l’état dégradé du réseau et de la sécurité dans l’arrière-pays. Les routes secondaires, peu ou pas entretenues, présentent de sérieux obstacles à la circulation (rebords de cuirasses, ravins, marigots). Nos routes sont dégradées dans leur quasi-totalité avec de nombreuses pistes rurales tout simplement impraticables. Plusieurs ouvrages d’art sont dans un état critique et nécessitent une intervention rapide pour éviter des coupures de liaisons qui peut avoir des impacts économiques et sociaux importants. Tout cela contribue à intensifier un exode rural auquel nous ne sommes absolument pas préparés tant les équipements de nos villes (logement, électricité, accès à l’eau potable etc.) ne permettent pas d’absorber (loger, nourrir, fournir du travail, vivre décemment) l’afflux intérieur.
Il est pourtant vital d’améliorer l’état de nos routes qui assurent entre la quasi-totalité du transport de marchandises et de personnes. Vital car cela contribuera à la baisse des prix des produits importés / exportés ce qui favorisera l’équilibre financier de l’Etat et améliora le niveau de vie de la population. Vital aussi pour le retour à la paix car une population qui ne peut décemment vivre, produire et consommer se tournera forcément vers le trafic informel, le banditisme ou autre forme de corporation rebelle formée de ressentiments politiques profonds. Ce raisonnement sur le secteur routier pourrait être dupliqué dans le secteur agricole, forestier, minier, social (emploi, formation et éducation notamment). Force est de constater au final que le retour à la paix ne sera pas la seule conséquence d’un processus de DDR sans stratégie globale nationale impliquant l’ensemble de la population centrafricaine dans la relance de notre économie.
Thierry SIMBI