RUMEURS DE GÉNOCIDE: LES HABITANTS DE COMBATTANT ONT PASSE LA NUIT DEHORS.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, la population de combattant et de ses environs ont vécu un cauchemar dans la nuit de lundi à mardi. Aux environs d’une heure du matin ce jour-là, un héraut embouche son sifflet pour alerter les habitants en plein sommeil que les éléments d’ali darass ont investi la capitale et font mouvement vers le quartier combattant dont les anti-balaka avaient tué quatre de ses éléments parmi lesquels son porte-parole, la pièce maitresse de sa rébellion.
Le quartier combattant a pris ces menaces au sérieux d’autant plus qu’au lendemain de ces assassinats, « l’homme fort de Bambari » Ali Darass avait lancé un ultimatum de quarante-huit heures au gouvernement de Mahamat Kamoun de lui restituer les restes de ses éléments tués ou encore de les lui ramener vivants sinon, il n’a qu’une seule solution celle de marcher sur Bangui et rendre le pays ingouvernable, c’est ce qu’on appelle la guerre des ondes sans effets induits.
La cause est entendue dans une indifférence assourdissante en laissant un doute permanent dans l’esprit des uns et des autres. A cela les gouvernants qui ne daignent pas assurer le peuple de ce qui adviendrait de ces menaces pour la sécurité gardent le silence. D’aucuns affirment qu’ils n’ont pas répondu, à dessein estimant que ce sont des manœuvres d’intimidation provenant d’un mécréant qui ne dispose pas des moyens de ses actions pour mettre à exécution ce projet irréaliste.
Saisie par la peur
Mais puisque la population n’est pas suffisamment informée de ce qui se passe sur le plan officiel, elle se fie aux rumeurs les plus alarmantes et tout le monde est sur- le- qui-vive depuis les derniers événements de septembre qui ont fait autant de victimes et des dégâts où des centaines des maisons sont incendiées à kina, à Fatima, au foyer de charité et de bien d’autres quartiers des alentours.
Ceux qui pratiquent la politique de terre brulée auraient promis la main sur le cœur de mener des offensives contre le quartier combattant dans le huitièmement arrondissement de Bangui et la population a pris ces menaces au sérieux. Les éléments des comités de surveillance et ceux des anti-balaka étaient sur leurs dents, et multipliaient des rondes pour parer au pire. Les âmes généreuses leur apportaient des aides en subsides malgré les rumeurs se font de plus en plus pressantes à tel point que le crieur très apeuré embouche son sifflet pour alerter de l’imminence d’une éventuelle attaque par les éléments d’Ali darass qui seraient entrés dans la capitale à bord des bétailleurs en provenance de Bambari pour en finir avec les chrétiens qui les empêchent de tourner en rond comme le pays appartient à ce sujet nigérien.
C’est ainsi que toute la nuit, les habitants de combattant sont sortis de leurs maisons pour passer la nuit dehors à la merci des intempéries et des moustiques vecteurs de paludisme un militaire très remonté par cette situation dramatique, nous explique que lui et toute sa famille étaient obligés de parcourir des distances pour dormir dans la cour du marché à bétail parce que si les musulmans arriveraient il n’aura pas de pardon, et qu’ils vont certainement incendié les maisons d’habitation et tués tous ceux qu’ils rencontreront sur leur passage.
Mais en fin de compte, ce sont des rumeurs alarmantes qui produisent de peur que de mal et la vie normale reprend dans cette partie de la capitale bien saisie par la psychose.
Ghislain FOCKY/ L'EPERVIER