JEAN-SYMPHORIEN MAPENZI, VICTIME DE FICHES MENSONGÈRES
Alors qu’il rentrait d’un séjour en Europe via Douala, l’ancien vice-président du Conseil économique et social de la République Centrafricaine, Jean-Symphorien Mapenzi, a été conduit dans les locaux de l’Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB) pour « nécessité d’enquête ». Il s’agirait, selon toute vraisemblance et à en croire les sources proches du dossier, dune « affaire commerciale » avec des prolongements politico-judiciaires montés de toute pièce.
Comme en pareille circonstance dans le pays de la calomnie et la médisance qu’est désormais la Centrafrique, la nouvelle fait la manchette des journaux en ligne et se répand telle une trainée de poudre sur la toile. Les nouveaux procureur du Net y sont allés de leur réquisitoire, affirmant pêle-mêle que sieur Mapenzi aurait obtenu « frauduleusement » un permis d’exploitation et d’aménagement (PEA) dans la préfecture de Sangha-Mbaéré pour le compte de la société STBC, qu’il serait impliqué jusqu’au coup dans la désormais affaire de tentative de coup d’État qui continue de défrayer la chronique banguissoise, qu’en plus, il aurait été l’instigateur principal du pillage de l’ONG AMA, que d’ailleurs, il posséderait un faux passeport diplomatique et qu’il monterait des faux dossiers d’évacuation sanitaire qui lui auraient permis de toucher des fonds du trésor public etc. Comme si en sa qualité d’ancien vice-président du conseil économique et social il n’avait pas droit au passeport diplomatique qu’il soit obligé de faire un faux.
Or, si l’on procède a un minimum de vérification, l’on s’apercevra que le permis d’exploitation et d’aménagement de la STBC avait été attribué par un décret pris en conseil de ministre en avril 2014 suite à un appel d’offre en bonne et due forme. Que suite à un recours d’un des soumissionnaires devant la Haute autorité des marchés publics, le Conseil d’État avait été saisi, lequel a validé la procédure par un arrêt d’août 2014. Ce n’est qu’à l’issue de ces péripéties que le Premier Ministre Mahamat Kamoun, à la tête d’une forte délégation, a inauguré le démarrage de l’exploitation le 11 avril 2015 au cours d’une importante cérémonie à Nola.
S’agissant des allégations fantaisistes de son implication supposée dans la fameuse et récente tentative de coup d’État attribuée aux proches de l’ancien président François Bozizé: il y a lieu de signaler que Jean-Symphorien Mapenzi est le plus ancien membre de l’église Christianisme céleste en Centrafrique. Une religion qu’il a découvert au Cameroun, plusieurs années avant l’accession de François Bozizé au pouvoir en mars 2003. À ce titre et d’ailleurs sur les injonctions de l’ancien chef d’État de la transition Michel Djotodia, il avait été contraint, après les événements de mars 2013 et la fuite du général François Bozizé, de réhabiliter les temples et de continuer les activités religieuses, comme le réclamaient les nouvelles autorités. D’ailleurs, il a été entre temps désigné comme le patron de cette confession religieuse en Centrafrique par les responsables béninois des Célestes.
Appartenir à la même confession religieuse que François Bozizé ne fait pas de lui pour autant un des obligés de ce dernier. À preuve, son domicile du quartier Cattin à Bangui a été plusieurs fois visités par les Anti-balaka de cette zone qui lui ont même reproché d’avoir trahi François Bozizé en restant à Bangui au lieu de le suivre en exil. Pire, le siège de la société STBC, située au 36 villas en face de l’ONG AMA a été également copieusement pillé, tout le mobilier emporté durant les événements de fin septembre dernier. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, Mapenzi est également doublement victime des Anti-balaka qu’il est censé, selon les procureurs du Net et ces détracteurs de Bangui, être l’un des instigateurs.
Par ailleurs, c’est proprement surréaliste d’imaginer qu’avec la tension de trésorerie actuelle que connais la Centrafrique, quelqu’un peut réussir simplement avec des faux dossiers d’évacuation sanitaire, à sortir de l’argent du trésor. Pour la simple et la bonne raison que la commission d’évacuation sanitaire est présidée par un médecin réputé intègre, le professeur Grezenguet et que désormais les frais de prise en charge sanitaire sont directement transférés par le trésor public sur les comptes bancaires des établissements sanitaires concernés.
Sans le dédouaner ou l’enfoncer davantage, gardons-nous de tout jugement hâtif. Attendons la suite de la procédure judiciaire ainsi ouverte pour savoir exactement ce dont la justice de son pays lui reproche.
EDGAR SOKAMBI