CATHERINE SAMBA-PANZA, L'ERREUR DE CASTING

Publié le par TAKA PARLER

CSP
CSP

Pour avoir passé mon temps tantôt à scruter l’échiquier politique centrafricain, tantôt à observer la carrure des acteurs publics je suis en état d’affirmer que la Présidente de la Transition est une erreur de casting, une autre malheureuse parenthèse du hasard dans l’histoire de la RCA.

Pourquoi ? Allons-nous finalement sortir de cette crise ? Que font réellement les autorités de la sempiternelle Transition ? Les questions fusent au point de se transformer en affirmation : La démission de la Présidente de Transition Catherine SAMBA-PANZA. Les centrafricains où qu’ils soient, ont peu à peu émergés de la parenthèse léthargique s’auto-imposée aux lendemains de l’élection de la Présidente. « Blanc » sur l’échiquier politique centrafricain, son élection avait suscité doute pour les politiques quant à son inculture de la gestion publique (certains par sexisme) mais espoir pour le peuple. Or….

Tout commença par la nomination de Mr André NZAPAYEKE. Ce fut un temps peu glorieux, presque pathétique où la tête de la locomotive devrait trouver ses marques. Cette période de stage, jalonnée de bévues avait commencé à susciter des doutes mais la confiance accordée ne s’était pas encore erodée. Toutefois, le vertige de la hauteur des cimes se faisait déjà sentir : Tenues d’apparat, cérémonies, pagnes à effigie, ballet des 4*4 de luxe aux services d’une large cour de thuriféraires …et pour entretenir tout cela, la gabegie. ANGOLAGATE.

Sans commune mesure, cette affaire marqua la première rupture avec la population, une voile s’ouvre sur la personnalité de la Présidente de Transition. Les dubitatifs exultent mais la population à majorité inculte tenta de croire aux arguties de Mahamat KAMOUN le second premier Ministre par qui arriva le scandale.

Samba-Panza s’était débarrassée malgré elle de son ancien premier Ministre car ceux qui avaient des visées vassaliques et hégémoniques sur la RCA n’arrivaient plus à contrôler ce dernier. Il fallait un duo à contre-courant au sommet de l’Etat pour satisfaire les désideratas des deux voisins qui voulaient succéder à Omar BONGO en s’érigeant gendarmes de l’Afrique Centrale. Etait-elle solide pour tenir face à ces barons moulés dans l’orthodoxie de la politique africaine? Son inexpérience politique ne faisait pas d’elle une marionnette ?

Une chose est pourtant certaine, SAMBA-PANZA a vascillé à ce moment car la pression pour nommer un nouveau P.M était forte. Un candidat de la Communauté Internationale totalement imprévisible et un homme qu’elle pouvait contrôler. « A l’arrogance je préfère l’humilité » tenta t’elle de justifier. Humilié, brocardé, la reponse de l’homme des intrigues Abdoulkarim Meckassoua ne se fit pas attendre. Cruelle, bien sûr, mais bien visée. En substance de cette attaque, Samba-Panza profite du sommet de la pyramide pour s’enrichir au détriment du peuple. Loin de s’en cacher, la métarmophose physique a traduit le reste.

« C’est drôle Jean, les atours de votre Présidente ne traduisent pas la grande misère qui mine votre pays » éberlué fut mon ami après sa participation à une conférence des donateurs où prit part CSP ; certes cette métamorphose physique sublima son reflet dans son miroir mais l’image reflétée au Peuple et à ses mentors est réellement négative. Nous avons vu des dirigeants lessivés par le pouvoir, signe d’une préoccupation majeure des problèmes de l’Etat, mais malheureusement nous avons une Présidente apparemment beaucoup plus préoccupée par sa toilette que les urgences de la Transition. L’art du paradoxe version Samba-Panza où on se doute de sa réelle capacité à diriger la Transition ou bien sa manque de réaction logique est due à une absence de volonté, d’énergie ou à un contrat de base.

De la carrière de CSP, elle n’a jamais rêvé être Présidente de la République, même de loin dans ses rêves. Cette candidate de substitution, sortie du chapeau pour remplacer DJOTODIA n’a été choisie que pour sa malléabilité. Ayant et devant une reconnaissance éternelle à ceux qui l’ont mis Calife à la place du Calife, elle ne pourra jamais faire ce que veut le Peuple, ramener la paix. Les enjeux sont énormes, pour ce retour tant attendu de la paix. Trop de questions en subséquent : Les contrats pétroliers, les visions vassaliques des voisins, le rôle de la France dans nos relations……

Sinon pourquoi le salaire de Nourrédine Adam était encore viré même après l’élection de CSP ?Pourquoi un certain DJONO ABA fait des allers-retours en province ? des dignitaires SELEKA logés et nourris par le contribuable ? Qu’est ce qui la lie avec ces derniers ? Pourquoi ? pourquoi ? autant des questions pour tenter de comprendre des atermoiements, des laxismes….

Les centrafricains ont misé sur la mauvaise personne. Sa bienveillance outragère envers cette communauté internationale et les bandes armées dénote de son incapacité à se débrider de ce qui la lie dans l’ombre.

Elle n’a jamais été une élue du Peuple Centrafricain, elle est un pion du psychodrame centrafricain. Erreur de casting pour les centrafricains mais d’ailleurs ce ne sont pas les centrafricains qui ont leur destinée en main. Donc meilleur casting pour……


Jean LITE


Paru : Le crépuscule de ZIGUELE

Kolingba, l’illusion d’un héritier.


Publicité

Publié dans politique

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article