TUERIES EN CENTRAFRIQUE: ENTRE DÉCLARATIONS DE CONDAMNATION ET APPELS A LA MOBILISATION A L'IMAGE DU BURKINA FASO
Les assassinats du 26 septembre 2015 en Centrafrique ont entrainé, somme toute, deux types de réaction : d’une part, des messages des personnalités politiques condamnant les actes posés, et, d’autre part, des appels à manifestation à l’exemple du Burkina. D’emblée, il importe de noter que ces deux types de réactions ne sont pas incompatibles, car l’un (type de réaction) n’exclut pas l’autre. Aujourd’hui, nombre de centrafricains se posent avec acuité sur la priorité entre ces deux types de réaction. Nombreux sont ceux qui estiment, à tort ou à raison, que les messages de condamnation ne sont pas prioritaires, car l’urgence est ailleurs. Autrement dit, les discours sont révolus, il faut passer à l’acte, il faut une mobilisation sociale.
En réalité, les personnalités politiques ainsi que les partis politiques sont dans leurs rôles. Seulement, les déclarations de condamnation ne doivent pas entraver toute initiative relative à un appel à mobilisation sociale. Toutefois, pour qu’il y ait mobilisation sociale (à distinguer du mouvement social), il faut nécessairement la réunion de certains éléments indispensables. Je citerai, entre autres, le leadership, la division des tâches, leur répartition ainsi que leur coordination.
La situation actuelle commande à ce qu’aucune initiative ne soit prise dans la précipitation. Il est nécessaire qu’un leadership émerge afin de coordonner la manifestation. Cela étant, il faut que chacun sache exactement ce qu’il a faire. Nous avons besoin de deux leaderships : politique et militaire. Ainsi, serait-il facile de penser non seulement la révolution, mais aussi l’après révolution. L’avantage est que le pouvoir ne va pas se retrouver dans la rue et qu’au sortir des mobilisations l’on saura exactement où est-ce qu’on va.
Aujourd’hui, de facteurs nous empêchent de nous mobiliser efficacement : le manque du sens de sacrifice et l’absence d’un leadership. Pour réussir une mobilisation sociale de grande envergure, il faut avoir le sens de sacrifice. Celui peut être aussi bien matériel qu’humain. Il est la source de toute détermination. Ainsi, lorsqu’on perd le sens de sacrifice, il devient, dès lors, difficile d’entreprendre des initiatives qui exigent nécessairement une prise de risque.
En ce qui concerne le leadership, nous n’avons aucun leader capable de mobiliser le peuple pour une noble cause. L’histoire aura retenu qu’en Centrafrique les mobilisations sont d’ordre partisan au point que les habitudes deviennent un boulet difficile à déplacer. Le danger à éviter est de perdre espoir en ce moment car l’heure n’est plus à la démission, à la résignation. Les centrafricains de tout bord doivent s’unir pour faire front commun aux ennemis de la paix et aux vendeurs d’illusions.
Le triomphe est au bout de la souffrance !!!
Paul-Crescent BENINGA
Analyste sociopolitique