Signé Gjk Levillageois: Voyez comme est si vile cette société civile centrafricaine!

Publié le par TAKA PARLER

Signé Gjk Levillageois: Voyez comme est si vile cette société civile centrafricaine!

Élections, arrestations, constitution, prorogation de mandat, troisième transition, mauvaise gouvernance, reprises des hostilités, assassinats, proclamation de la république indépendante du KM5 etc…que de sujets brûlants et préoccupants à l’heure actuelle pour les Centrafricains !

Et cette République Centrafricaine étranglée et déchiquetée, telle une proie alléchante que se disputent les charognards, tandis qu’une meute d’hyènes affamées, lorgnent vers les moignons dégoulinant de sang, ne cesse de partir en lambeaux.

Face à ce macabre spectacle, si triste et si révoltant d’un pays qui se meurt sous les yeux de ses filles et de ses fils, il est sans doute des voix que les Centrafricains impuissants, auraient tant aimé entendre : ce sont celles des organisations de la société civile, incontournable protagoniste des processus de démocratisation et de développement en Afrique.

Pour rappel, qui peut feindre d’ignorer ou d’oublier ces années de combat pas si lointaines où, celui qui était encore notre héros national, l’infatigable orateur, l’inébranlable Avocat, le redoutable Président fondateur de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH), naguère le très adulé Maître Nicolas Tiangaye - encore et toujours lui -, n’avait alors de cesse de rappeler aux dirigeants au pouvoir leurs rôles et leurs devoirs, et de prendre position sur tous les sujets ? Qui oserait ne pas se souvenir de MaîtreZarambaud Assingambi, à qui l’on doit la très paradoxalement brillante expression « pays de tous les paradoxes et des records négatifs » ? Et les syndicalistes Sony Colé, Ramadan, Sandos, Mme Gueret, ainsi que bien d’autres acteurs dont je ne me souviens plus les noms ! Tous, ils furent de vrais animateurs de la société civile, toujours à l’avant-garde des revendications sociales.

Voilà pourquoi, face aux tourments que traverse la RCA et aux comportements des dirigeants de la transition, l’on a vraiment du mal à comprendre, à expliquer et à accepter, ce silence de mort ambiant, et l’attitude de nos leaders civils du moment.

Que se passe-t-il exactement ? Où sont passés les véritables acteurs et artisans de la société civile ?

A y réfléchir, chez nous en RCA, tout laisse croire que les associations et organisations syndicales d’une part, les organisations non gouvernementales – surtout nationales – d’autre part, toutes sont en réalité, des officines, des pourvoyeurs et des pépinières de partis politiques, quand elles ne sont pas elles-mêmes de vraies entreprises ou organisations économiques, agissant la plupart du temps, pour le compte et à l’intérieur des sphères privées et familiales.

Pour s’en convaincre, suivez les candidatures.

Quant aux personnalités douteusement indépendantes - véritables « sous-marins » - il faut généralement attendre la publication de la liste des membres du gouvernement, pour se rendre compte que tel, sot comme un panier, jusque-là resté muet comme une carpe, et n’ayant à aucun moment manifesté pas plus d’esprit qu’un petit chat, doit aujourd’hui sa nomination aux fonctions de ministre, au titre de la société civile !

Fichtre ! Mais qu’est-ce donc ce machin, cette chose si vile que l’on appelle société civile en RCA ?

Partout ailleurs en Afrique, au-delà de ses fonctions spécifiques – protection, contrôle, participation, gestion des conflits etc -, la société civile se réserve le droit et le devoir de contribuer pleinement et efficacement au processus de formation de l’opinion publique et de la volonté populaire. C’est dire combien la société civile a une fonction très importante dans la démocratisation à tous les niveaux de la population. Pour mieux comprendre, prenons encore pour exemple le Burkina-Faso. Quant à la Centrafrique, que nenni !

Au final, l’on en arrive à une situation où, les « dirigeants – prédateurs » de la très vicieuse transition centrafricaine, peuvent continuer impunément et durablement, d’user et d’abuser de leur pouvoir, quand on sait que la classe politique dans son ensemble, ne compte et ne regroupe que des falots, des félons et des opposants de la servilité alimentaire.

Alors en plus, si le peuple centrafricain ne peut compter sur les organisations de sa société civile pour l’éduquer et le former aux nécessités de la démocratie et des élections, l’on peut toujours - comme j’essaie de le faire à mon modeste niveau sans me lasser -, continuer à s’époumoner à longueur de journée et de pages, à appeler au soulèvement général et à la révolution populaire pour sauver la RCA. Peu de chances d’y parvenir !

En définitive, la RCA serait-elle devenue un pays impossible à sauver, à relever et à redresser, un pays marchant résolument vers son auto- destruction et sa disparition totale ? Et le peuple centrafricain, ne serait-il aujourd’hui qu’un simple bétail électoral que l’on tient en réserve, et qu’on s’avisera de nourrir le « jour du marché », de gaver et de tromper une fois de plus, quand s’ouvrira la campagne précédant la désignation de nouveaux dirigeants ?

Décidément…

Guy José KOSSA

GJK Levillageois
Élève Certifié de l'Enseignement

Primaire,Tropicale et Indigène (CEP-TI)

Écrivain Public du Village Guitilitimö

Publicité

Publié dans Société

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article