KOLINGBA, LA DÉSILLUSION DE L’HÉRITIER

Publié le par TAKA PARLER

DÉSIRÉ KOLINGBA
DÉSIRÉ KOLINGBA

Pour avoir passé mon temps tantôt à scruter l’échiquier politique Centrafricain, tantôt à observer la carrure des acteurs publics je suis en état d’affirmer qu’il y a d’avantage une question de leadership que d’institutions fortes pour relever la Centrafrique. Le centrafricain a longtemps mis en jachère son esprit en se basant sur des clivages sociaux pour déterminer son orientation politique. L’heure est grave. La métarmorphose du centrafricain lambda en activiste politique dénote d’une prise de conscience qui est entrain de s’opérer à tous les niveaux.

Les élections ont toujours ouvert la boite de Pandore, il y aura des promesses irréalisables, des néologismes pour embrouiller les esprits perméables etc…. Moi je passe au crible fin ces candidats éruptifs qui croient que leur heure est venue. Je vais tirer avec les sommations d’usages pour que les prochains se tiennent prêts.

Désiré KOLINGBA, le fils de son père. Président du Rassemblement Démocratique Centrafricain ( R.D.C), cet héritier d’une longue et vaste descendance a cru bon de s’accaparer de cet héritage virtuel à défaut de s’affirmer dans le domaine financier familial qui lui a complèment échappé. La noblesse que lui procure ce statut le remet dans le rôle de l’héritier que la femme de son père lui a volé en s’érigeant administratrice des Biens. Seul allant pour ce dernier, le célèbre patronyme lui a permis de conserver l’idéologie paternelle en se faisant introniser par certains hommes liges de KOLINGBA père.

Que propose Désiré KOLINGBA ? Avec la concision de Tacite, la nostalgie de « l’époque-papa ». C’est ensuite l’énigme d’un héritier qui s’est vu imposer un rôle par la famille biologique pour suivre les traces de son père et faire front face à la rigueur et à l’ostracisme de l’ex Première Dame à leur égard. Cet inconnu de la scène publique, même sous l’ère yakoma, a toujours brillé dans un mutisme légendaire. Ceci est un réel handicap car il peine ainsi à s’affirmer aux commandes du fantomatique ex-parti unique où les défections et les lassitudes se sentent à tous les niveaux. Ce serieux refléchi consubstantiel à sa personne est la première entrave que ces détracteurs et certains membres du parti ont relevé « Il est trop mou……C’est le HOLLANDE centro » entend-on au sein du cercle des ambitieux du RDC. Avant de courtiser l’impossible en s’érigeant homme politique par le fait de gérer un maroquin (sous le label kolingba), ce technocrate ferait un bon ministre des Finances par les échos positifs et d’éfficacités qu’il pouvait prévaloir par ses passages empreints du sceau paternel au sein des instititions bancaires de haut niveau.

Adoubé aussi par les amis de son père qui veulent toujours utiliser le label KOLINGBA pour retrouver la jouvence du pouvoir et leurs costumes dans la pièce tragico-sociale interrompue par la huée nationale de 1993, Désiré semble aller à ces élections sans réelles convictions. Mis en orbitre par BOZIZE, le technocrate fils à papa n’a aucun attribut d’homme politique. Aucune verve pour convaincre sinon toujours le nom et la politique de papa qui est mis en exergue. On voit profiler à l’horizon la silouhette des Kolingba par la frappante ressemblance physique, en corollaire on voit aussi se profiler avec assurance à l’horizon la symétrie qu’il y a dans l’idéologie politique des KOLINGBA.

Se reférant sans cesse à cette époque (1982-1993) où le bilan est fort controversé, je n’ose imaginer que Désiré va marcher sur les cendres encore fumantes de ce règne paternel qui est un mélange de gabégie et tribalisme.Ce système a failli d’où les sanctions imposées à KOLINGBA père lors des dernières échéances électorales (1993, 1999). Excusez de peu cette redondance volontaire de papa car c’est la seule valeur marchande de Grand K fils.

Le candidat de la Réconciliation ? Le transfuge Désiré s’est enfermé dans un clivage malgré lui. Musulman, il s’est fait baptiser recemment se mettant déjà à dos l’électorat musulman. Son electorat s’effrite ainsi car les musulmans ont toujours massivement soutenu le RDC, mais en ce moment beaucoup considèrent Bilal comme un traitre en abjurant pour des fins politiques.

La difficile passation de pouvoir entre les Yakoma et les autres ethnies à la tête du RDC va sonner l’hallali contre cette formation politique qui survit sur les vestiges du passé et cultive sans pudeur cette certaine préeminence tribale. Emile Gros NAKOMBO rumine sa colère. Et le divorce entre la Mambéré-kadeï fief incontournable et le RDC se matérialisa peu à peu mais sûrement parce qu’on a poliment remercié un Kadéïen du perchoir aussi logiquement qu’il ne soit pas de la même ethnie que le Patriarche. Ah ! spectre clivant quand tu planes, tu coupes des têtes.

Ces raisons subsidiaires liées à l’indolence de Désiré Zanga Bilal ( ?) Kolingba évanouissent les rêves de certains RDCistes qui, dans un élan de loyauté jubilatoire avaient choisis le label KOLINGBA au lieu de miser sur un candidat au-dessus d’un quelconque critère partisan.

Dommage, Désiré n’est pas André.


Jean LITE Observateur Politique


Paru : Le crépuscule de ZIGUELE

Prochainement : DOUBANE, la folie des grandeurs

AMINE, la virtuosité de l’enfumage.


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M
Et à quand les illusions de Anicet Georges DOLOGUELE?
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