LE CANDIDAT A LA PRÉSIDENTIELLE SOSTHENE MARIUS DINGOMBE INTERPELLE LA CHEF DE L'ETAT DE TRANSITION
Nous souhaitons porter une analyse sur la déclaration faite à Bruxelles de Madame la Chef de l’Etat de Transition de la Centrafrique, qui dit « Je réaffirme ici ma détermination à organiser des élections démocratiques et crédibles… en tout état de cause ces élections se tiendront avant la fin de l’année 2015 ».
Mais comment les tenir s’il n’y a pas de démilitarisation effective ?
L’élection démocratique est toujours crédible si tous les éléments et indicateurs sont favorables à son organisation, le premier facteur est la restauration de l’Autorité de l’Etat avec la formule « 5 E»
« ETAT – EDUCATION - ECONOMIE – ENVIRONNEMENT – EXPORTATION »
Ces « 5 E » symbolisent les indicateurs qui favorisent la restauration de l’Etat et sa quiétude.
Si ces signaux ne sont pas visibles, toutes les démarches machiavéliques pour déstabiliser l’Etat peuvent être envisagées, le résultat aurait des conséquences graves car elles replongeraient la Nation dans le marasme d’une nouvelle crise civilo-militaire.
L’Organisation d’une élection démocratique et crédible doit être une priorité pour les autorités de Transition si et seulement si elles s’appliquent à gouverner par consensus, en commun accord avec l’ensemble des Acteurs de la scène politique et les représentants de la société civile.
L’organisation d’une élection démocratique crédible n’est pas un but, mais plutôt une conséquence, car on ne gouverne pas pour organiser une élection, mais la bonne gouvernance permet de mettre en place les bonnes conditions d’une élection.
Si tous les indicateurs qui constituent le fondement de l’Etat sont absents, tous les efforts même les plus dispendieux auront pour effet un coup d’épée dans l’eau.
Il s’agit de définir les priorités des actions et la réponse aux besoins. Tout d’abord, il est nécessaire de faire une analyse fonctionnelle pour assurer une réponse systémique adaptée et fonctionnelle à chaque problème. Il n’y a jamais d’urgence dans l’urgence, mais une méthodologie adaptée à la gestion de ce qui en est la cause.
Madame la Chef de l’Etat rappelez-vous…Le Président David Dacko, pendant sa présidence, avait aussi recours à des conseils des hommes d’État dont entre autres le Général De Gaulle. En effet, parmi les conseils de ce Grand Homme d’Etat français, nous pouvons citer : « Jeune homme, vous avez la chance d’être à la tête d’un Etat en qualité de Président de la République, cela relève aussi de la bénédiction divine. Mais sachez une chose, le pouvoir fascine, le pouvoir trompe, le pouvoir use aussi. En certaines circonstances et, elles seront nombreuses, très nombreuses, sachez, vous élever suffisamment en hauteur pour vous situer véritablement au niveau des responsabilités qui sont les vôtres et, en toute responsabilité prenez vos décisions seules. C’est en cela que l’on reconnaît un véritable homme d’État. Mais, méfiez-vous toujours de tous ceux qui vous entourent. Car quelques soient leur capacité et leur compétence, ils ont des intérêts divergents et contradictoires avec ceux de l’État, et ils savent manier leur langue. Ne tentez jamais de transférer les Pouvoirs de l’Etat dans la rue. Les Pouvoirs de l’Etat sont en eux-mêmes un symbole qui repose sur un socle dont vous en êtes le détenteur légitime. En tentant de transférer les Pouvoirs de l’Etat dans la rue, vous vous mettez dans la position de celui qui combat par l’épée. N’y a-t-il pas un adage militaire qui dit ‘‘qui combat par l’épée, périra par l’épée’’ ? Fin de citation.
Fort de tels conseils, le Président David Dacko prenait toujours les dispositions nécessaires pour vérifier personnellement les "choses" avant de prendre une décision. C‘était un professionnel de la politique. En rétablissant la République en terre Centrafricaine le 20 septembre 1979, M. David Dacko n’avait trouvé dans les caisses de l’État que la modique somme de 20.000.000 FCFA. Et, pourtant dix (10) jours plus tard, soit le 30 septembre 1979, grâce à son charisme, grâce à ses relations internationales, il fit face, avec responsabilité, à tous les engagements financiers de l’État sans exception. Il était véritablement un homme d’État. Dépourvu d’ingratitude, il composa un gouvernement où se retrouvaient toutes les entités nationales et remplit les engagements financiers de l’État, conduisant à la relance de l’économie par la consommation.
Lui, David Dacko ne cessait lui aussi de répéter ‘‘Les civils s’accommodent très mal de la discipline militaire’’. Lorsqu’ils sont soumis à la discipline militaire, les institutions de la République fonctionnent très mal. Et, il s’en suit des crises sociales particulièrement aiguës, aux conséquences dommageables incalculables (article de Simon Didier Bongolape) ; sous le même registre, la confiscation de la liberté ne s’applique pas qu’au domaine militaire, mais elle concerne aussi les arrestations arbitraires, le retrait de pièces d’identités, passeports et documents de voyages, etc…
La sécurité de l’Etat ne s’acquiert que par la confiance et la démilitarisation totale des forces non conventionnelles et par la bonne gouvernance. C’est dans ce cas, et seulement dans ce cas, que des élections libres et démocratiques peuvent être organisées.
Madame la Chef de l’Etat pouvez-vous planifier clairement votre démarche et votre plan de travail pour les mois à venir, afin de rétablir la confiance, dès lors qu’il est prévu un départ des troupes françaises, qui ne va pas faciliter les procédures de désarmement des milices non conventionnelles.
Dans 6 mois nous risquons d’être dans la même situation qu’aujourd’hui, sans capacité d’assurer au peuple et citoyens Centrafricains la sécurité de préserver leur liberté et la confiance totale pour que chaque citoyen électeur participe pleinement de pleins droits à ses devoirs pour des élections que vous présagez, démocratiques et crédibles.
Fait à Nantes, le 11 Juin 2015
Analyse réalisée par Sosthène Marius DINGOMBE
Le Paysan visionnaire
Consultant en Développement Economique et Rural