La crise centrafricaine ou la guerre du pétrole : Histoire et enjeux

Publié le par Bida Koyagbele

Publié le 10 juin 2015 par Pascal BIDA KOYAGBELE

Le peuple et les paysans doivent savoir.

Accords sur les matières premières stratégiques.

La signature des accords sur les matières premières stratégiques a été imposée à nos dirigeants en 1960. Il y est clairement stipulé que les ressources dites stratégiques à savoir les hydrocarbures liquides ou gazeux comme le pétrole, le gaz ainsi que le bérithium, l’helium, l’uranium, le thorium, le lithium, ne peuvent être exploitées qu’avec l’accord et au profit de la France. En cas d’exploitation une partie peut servir à satisfaire les besoins du pays producteur, mais le reste doit profiter exclusivement à la France.

La découverte du pétrole

La République Centrafricaine comprend dans sa partie septentrionale deux bassins sédimentaires susceptibles de renfermer des hydrocarbures. Ces bassins sont celui de Doséo inscrit dans la continuité de celui de Doba dont les potentiels pétroliers sont prouvés et qui est actuellement le siège d'exploitation et le bassin de Salamat.

A cela s’ajoute le bassin de la formation gréseuse de Mouka Ouadda et le bassin de la formation gréseuse de Carnot

La société américaine CONOCO découvre du pétrole

Les travaux d’exploration dans le rift du bassin crétacé au nord de la République Centrafricaine ont démarré en 1973. Les activités étaient réalisées dans le permis H de CONOCO, sur 14700 km² dans le bassin de Doséo et Salamat. D’après le résultat des travaux 50% de la zone était intéressante (photo 1 et 2). Avec un potentiel estimé à 10 milliard de Barils. Le gisement se trouve dans la zone frontalière Tchado centrafricaine au Nord de la RCA. Ce gisement partagé par les deux pays, le gros du gisement se situe en Centrafrique dans une faille inclinée en faveur de la RCA.

La présence américaine en Centrafrique, inquiète et dérange Paris qui exige de Bokassa leur départ. Bokassa trainant les pieds pour s’exécuter, irrite Paris et se fait destituer par les troupes françaises en 1979.

par la suite le président D Dacko, perturbé par la gestion de troubles politiques n’est pas en mesure de suivre le dossier.

En 1981 le géneral Kolingba prend le pouvoir, avec pour injonction de Paris d’expulser la société américaine CONOCO, qui se rapproche aussi du Tchad pour leur révéler l’impressionnante découverte faite. Il est suggéré aux deux états pour éviter d’éventuels conflits, une exploitation commune du dit gisement. La RCA qui avait plus à perdre dans cette logique d’exploitation commune accepta cette option afin de préserver la paix et la bonne entente entre les peuples au nom du panafricanisme.

Menaces de la France

Face aux menaces physiques de Paris sur les collaborateurs des deux chefs d’état ayant la charge du dossier, le président Kolingba cède pour préserver la paix, par contre le président Hissen Abré s’entête au péril de son régime et paris lui fait la guerre et le démet. CONOCO face aux pressions françaises se retire de la Centrafrique en 1985.

La guerre du pétrole

Hissen Abré a perdu une bataille certes mais a fini par gagner sa guerre du pétrole au profit des tchadiens qui ont la joie d’exploiter cette ressource aujourd’hui, lui offrant les moyens de préserver sa paix. L’entètement tchadien a fini par payer. Tandis qu’en RCA en voulant éviter la guerre, ce fut une fuite en avant qui la rattrape aujourd’hui. Car nous sommes en pleine guerre du pétrole.

Patassé et Greenberg

Du coté centrafricain le projet est mis en berne jusqu’à l’arrivée de Patassé au pouvoir, qui n’avait qu’une seule idée en tête, exploiter le pétrole. Malgré des troubles entretenus par Paris et sa mauvaise gestion, il finit en 1999 par se rapprocher grâce à son ambassadeur H Koba aux USA, d’une société basée au Texas, dont le propriétaire n’est autre qu’un certain M Greenberg, à qui Patassé va offrir un permis de prospection pour le bloc A, d’une énorme superficie de 55 000 km2, moyennant une modique somme de 10 000 0000 de dollars. Il rachète aussi au passage toute l’étude faite par CONOCO.

C’est le coup du siècle pour M Grennberg, qui n’est en fait qu’un courtier n’ayant pas les moyens d’explorer et d’exploiter ce gisement. Face à l’instabilité prévalant en RCA il lui est difficile de convaincre d’éventuels investisseurs de soutenir ce projet.

Accord secret entre Déby et Bozize

En Mars 2003 le président DEBY aide le général Bozizé à renverser Patassé en lui imposant comme condition de geler l’exploitation du pétrole du Nord de la RCA pendant 10 ans. Durant cette période Greenberg n’étant pas en mesure d’honorer ses obligations, se voit poursuivi par l’état centrafricain, qui finit par avoir gain de cause en 2012. L’état récupère ainsi le bloc A.

Défendu par maitre Mboligoumba entre autre contre l’état centrafricain, Greenberg jure d’en découdre par tous les moyens avec le régime en place. C’est ainsi qu’il financa Eric Massy et la seleka par l’entremise de l’un de ses avocats.

Prospections secrètes chinoises

Les chinois à partir de 2008 étaient secrètement chargés de mener une série de prospections pétrolières sur toutes l’étendue du territoire, car jusqu’alors la France exercait des pressions sur les différents régimse pour ne pas qu’une prospection de ce type puisse ètre initiée.

Les chinois découvrent d’inestimables gisements pétroliers, gaziers, mais aussi du Coltan, du Cuivre, du phosphate etc. La particularité du pétrole centrafricain est qu’il est de très bonne qualité, mais surtout qu’il est facilement accessible, contrairement à ce qu’a toujours laissé entendre la société francaise Toltal aux différents régimes.

Le rapport qualité prix

Ce qui fait que le pétrole centrafricain serait le plus compétitif qui soit en terme de rapport qualité prix. Le pétrole centrafricain reviendrait en terme de cout de production à moins de 14 USD livré Douala. Soit un des couts de production les moins élevé du monde, faisant du pétrole centrafricain un des moins chers au monde, offrant ainsi des marges confortables aux producteurs.

Le potentiel, les réserves

Le potentiel en terme de réserve est quand à lui estimé en Janvier 2013 par les chinois, à plus de 70 milliards de barils, soit plus que le Nigéria. La particularité de certains gisements en RCA est qu’ils se trouvent dans des régions frontalières, dans de profondes failles inclinées en faveur de la RCA qui abrite le gros des gisements qui y prennent leurs sources.

Géopolitique du pétrole en RCA

Bozizé, les Francais et le pétrole

Un proche de Bozizé dévoile le secret à Paris qui apprécie l’enjeu et demande à Bozizé de mettre les chinois à l’écart et de leur céder l’exclusivité de l’exploitation du pétrole en Centrafrique à leur condition, à savoir 10% pour la RCA et 90% pour la société Total.

Bozizé, les chinois et le pétrole

Ors les chinois proposaient 55% à la RCA et 45% pour eux, plus une enveloppe de 1 milliard de dollars en terme d’aide au développement des infrastructures et d’aides budgétaires. En échange il leur offra le bloc B d’une superficie de 15 906 km2 dans le Nord Est dans la région de Boromata. Après que l’état centrafricain ait gagné le procès contre Greenberg, le président Bozizé décide secrètement de céder une partie de ce bloc soit 24 000 km2 sur les 55 000 km2 à la société chinoise, au grand dam de Total qui voulait absolument récupérer ce gisement à ses conditions.

Bozizé, le Tchad et le pétrole

S’étant entendu avec le président tchadien en 2003, pour ne pas exploiter le pétrole centrafricain, plus particulièrement les gisements du nord pendant dix ans. Car une exploitation du côté centrafricain où se trouve le gros des gisements frontaliers, donnerait lieu à un assèchement rapide des nappes pétrolières tchadiennes. Arrivé à échéance, le président Déby exerça des pressions sur Bozizé pour renouveler cet accord encore pendant dix ans. Le refus du président centrafricain lui valut d’être déstabilisé par le Tchad en soutenant activement la seleka par le Tchad.

Bozizé, le Soudan et le pétrole

Le soudan du Nord sera d’ici un an et demi privé de l’exportation via Port Soudan du pétrole du Sud-Soudan qui construit son pipeline à destination de Mombassa. Dépourvu à terme de cette considérable manne financière, il tient à compenser ses pertes en transportant le pétrole centrafricain du Nord via Port Soudan.

De même il tient à exploiter les gisements du Darfour qui comme au Tchad tiennent leur source des gisements du Nord Est de la RCA, dans une faille inclinée en faveur de la Centrafrique. Raison pour laquelle il entreprend une série de pressions sur les autorités centrafricaines pour pouvoir avoir sa part du gâteau pétrolier centrafricain.

Les deux Congos, le Cameroun et le pétrole.

Les gisements dans le Nord des deux congos dit gisements de la cuvette, ainsi que les gisements de l‘Est du Cameroun offrent le même type de configuration, à savoir que le gros de ces gisements sont dans des failles inclinées en faveur de la Centrafrique.

Bozizé, DIG OIL et le pétrole

Une société de droit sud africain dirigé par un congolais Nozi Mwamba a obtenu du président Bozizé un permis d’exploitation du Bloc C dans le Sud Ouest d’une superficie de 30 710 km2.

Plusieurs gisements identifiés par les chinois ne demandent qu’à être exploités, ce qui fait que l’on peut en déduire que la Centrafrique baigne dans du pétrole.

Enjeux de la guerre du petrole

Voici les raisons essentielles de la crise actuelle en Centrafrique. La France veut exclusivement exploiter ces ressources qu’elle aurait aimé préserver en termes de réserve pour les futures générations françaises. C’est pour cela qu’elle entretient le chaos en Centrafrique pour dissuader quiconque de s’investir dans le pétrole en Dans ce pays.le Tchad et le Soudan veulent leur part du gateau petrolier centrafricain en destabilisant ce beau pays.

Le panafricanisme ou la solution

Au nom du panafricanisme nous proposons à nos pays frères avec qui nous partageons les mêmes valeurs et des nappes communes que dieu a bien voulu nous offrir, au nom de nos traditions africaines de partage nous paysans de Centrafrique proposons une exploitation commune des dits gisements.

Le pétrole au peuple, pour le bonheur du peuple et des paysans ou la révolution ti Bomengo

Mais ce pétrole devra profiter au bonheur du peuple de Centrafrique et aux paysans en particulier, qui ont tant souffert depuis la période coloniale. Il est vrai que pour certain le pétrole est source de malédiction, mais il sera pour nous source de bénédiction. Ainsi nous nous battrons pour que ce pétrole puisse profiter à la sécurité, à la paix, à l’éducation, à la santé et au bienêtre de nos enfants. Ce pétrole nous offrira une manne importante nous permettant de développer des infrastructures routières, ferroviaires, aériennes à la hauteur de nos ambitions. Un système bancaire performant alimenté entre autre par les revenus pétroliers nous permettra d’initier une véritable révolution agricole et industrielle, qui sera soutenue par une logique dynamique de distribution et de services.

Ce pétrole profitera au bonheur du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Le peuple et les paysans doivent savoir

Kwazulu Natal le 02 Juin 2015

Le paysan Bida KOYAGBELE

En bleu les gissements petroliers sur la carte dessous

BIIBSOURCE

Publicité

Publié dans politique

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article