Gilles Gilbert Grezenguet, « Je n’ai pas le pouvoir d’invalider la candidature d’Yvon Kamach, il n’est pas mon adversaire »
Diaspora Magazine : Des rumeurs courent selon lesquelles vous seriez à l’origine d’une manigance tendant à invalider la candidature de votre adversaire Yvon Kamach. Qu’en dites-vous ?
D’abord, je n’ai pas le pouvoir d’invalider la candidature de qui que ce soit et à ma connaissance, Yvon Kamach n’est pas mon adversaire puisque nous avons reçu une publication du Tribunal arbitral des sports (TAS) qui a sorti la liste définitive des candidatures validées. Au poste de président pour que je postule, mon adversaire, c’est monsieur Jacob Gbeti qui a déclaré qu’il se retirait mais c’est une déclaration qui n’engage que lui puisqu’il n’a pas fait un écrit. Je pense que la dernière fois, on a demandé à monsieur Jacob Gbeti si effectivement il confirme sa déclaration, il n’a qu’à faire un écrit.
Mais quant à monsieur Kamach, sa candidature a été invalidée au niveau de la commission des candidatures. Quand il a fait le recours devant le TAS, il a demandé à retirer sa candidature lui-même. En le faisant, il a confirmé la décision du TAS. Donc, je n’ai rien à voir avec le dossier d’invalidation de la candidature de monsieur Kamach.
Avez-vous une preuve qui confirme la décision du TAS sur l’invalidation de la candidature de monsieur Yvon Kamach ?
Veuillez regarder ces documents ! Vous trouverez que la commission des candidatures a invalidé plusieurs candidatures parmi lesquelles se trouvait celle d’Yvon Kamach. Il s’agissait des noms suivants : Yvon Kamach, Eric Kamach, Henri Tago au poste de 3e vice président, maitre Blaise Thierry Hotto au poste de secrétaire général, David Tandjo au poste de secrétaire général, Yvon Kamach au poste de secrétaire général, Simon Dégoto au poste de SGA et Cyril Kongo Gbadji au poste de SGA. Voilà les dossiers qui ont été invalidés.
Les uns et les autres ont fait un recours le 11 Mai devant le TAS. Après s’être réuni, ce tribunal a validé les dossiers de certains parmi eux à l’exemple d’Henri Tago et Maître Blaise Fleury Hotto. Et il a invalidé le dossier d’Yvon Kamach pour la simple raison qu’il était venu retirer son dossier. Donc, le TAS n’a pas eu à statuer sur son dossier. C’est ainsi que la décision de la commission des candidatures a été purement et simplement maintenue. Et il n’a pas la contrainte de passer devant le Tribunal arbitral des sports qui rend sa décision en dernier lieu au niveau du sport centrafricain. Et je précise que les décisions rendues devant le TAS sont imposables à tous les membres du comité olympique et ceux qui n’appliquent pas les décisions se verront purement et simplement radiés du mouvement olympique centrafricain, selon l’article 14 du statut alinéa F et le pouvoir qui est donné au TAS est prévu dans l’article 34 de nos statuts. Le seul recours par rapport aux décisions du TAS c’est ce que stipule dans l’article 35 : c’est devant le Tribunal arbitral des sports qui se trouve à Lausanne (Suisse). C’est pourquoi même au niveau de l’assemblée générale, c’est difficile de revenir sur la décision du TAS parce que les textes ont prévu que seul le tribunal de Lausanne peut revenir sur cette décision.
Quels sont les critères que doivent remplir les candidats pour que leurs dossiers soient validés par la commission des candidatures ou par le TAS ?
Vous savez , quand un dossier arrive au niveau du tribunal, il y a deux choses qu’on examine : la forme et le fond. Quand un dossier n’est pas acceptable dans sa forme, on le rejette sans voir le fond. Et même si le fond est bon par rapport à la forme on rejette le dossier. Et c’est ce qui s’est passé au niveau de la commission. Elle a examiné ces deux choses pour rendre sa décision. Moi, je ne fais pas partie de cette commission. Je suis mal placé pour parler de cette commission. Le président de la commission c’est Anicet Samba qui est à la cour de cassation en République centrafricaine et son vice président est le magistrat Feïganazoui qui est au conseil d’Etat. Donc, c’est le tribunal administratif. Ce ne sont pas des petites personnalités. C’est des gens qui connaissent la matière et ils ont pris leur décision en toute impartialité.
Aujourd’hui on parle de la falsification d’un document juridique de la décision du TAS pour invalider la candidature d’Yvon Kamach. Qu’en dites-vous ?
Je vous ai dit que sa candidature n’a même pas été discutée au niveau du TAS puisque c’est lui-même qui est venu retirer son dossier. Lorsqu’on parle de falsification du document, je ne sais pas de quoi les gens parlent puisque le TAS n’a même pas statué sur le dossier d’Yvon Kamach. Il a dit qu’il ne veut pas que son dossier soit examiné par le TAS. Mais on va parler de falsification à quel niveau ? Les gens qui ont siégé au TAS ont apposé leurs signatures et je vous ai montré les preuves des signatures qui concordent. Donc je ne vois pas qu’est ce que monsieur Gilbert Grezenguet vient faire dans ce dossier là ! J’en réponds tout simplement parce que je suis le secrétaire général du comité olympique et que je suis le garant des textes dans nos structures.
Dans un communiqué de presse, monsieur Jacob Gbeti a confirmé deux candidatures au poste de la présidence du CNOSCA : celle d’Yvon Kamach et la vôtre. Mais en vous écoutant, la candidature d’Yvon Kamach n’a pas été retenue…
Cette déclaration n’engage que lui, Jacob Gbeti. Le président du comité olympique ne peut engager le comité olympique avec des avis personnels. C’est interdit par nos textes. Pour qu’il y ait une décision olympique il faudrait qu’il y ait la réunion du bureau exécutif. Mais quand il fait tout seul un communiqué de presse ou s’il fait une déclaration à la presse, ça n’engage que lui seul et les gens qui veulent le croire et pas le comité olympique parce que ses membres ont signé une déclaration pour dire qu’ils désavouent et ils ne se reconnaissent pas dans la déclaration que Gbeti a faite par voie de presse. Un communiqué de presse ne peut pas être situé au dessus d’une décision du TAS.
Vous êtes candidat à la prochaine élection présidentielle du CNOSCA. Si vous êtes élu, quels sont vos projets ?
J’ai beaucoup de projets en tête pour la simple raison qu’au niveau du comité olympique dont je fais parti de ceux qui ont été là et qui ont vu de l’intérieur. Et je pense qu'il faut essayer de corriger les choses. Vous voyez ! Quand vous mettez au monde un enfant, celui-ci doit mieux faire que son père. Sinon, il aura échoué.
La première chose que je fixe comme objectif c’est d’abord la transparence dans la gestion du comité olympique. Je voudrais que le comité olympique soit plus proche des athlètes et des sportifs. Je voudrais couper le comité olympique de tout ce qu’il a visé comme politique politicienne. Le sport ne doit pas servir de tremplin aux uns et aux autres pour assouvir des ambitions cachées. J’ai été sportif depuis mon plus jeune âge jusqu’à présent. Je siège au plus haut niveau du sport au niveau mondial et je pense que je peux apporter mon expérience à la jeunesse centrafricaine. Je voudrais aussi promouvoir les valeurs du sport : le fair play. Et le fair play, c’est le respect des règles. C’est l’exclusion de tout ce qui est discriminatoire sur tous les plans. Ce sont là des valeurs que l’olympisme nous impose : être plus proche des athlètes, la solidarité, le respect d’autrui et chercher à construire un monde meilleur et pacifique par la pratique du sport. C’est ce que nous pouvons faire à travers le sport pour éduquer nos jeunes afin que le pays se porte mieux. Concernant le siège du CNOSCA, nous allons le doter d’une envergure comme on le voit dans d’autres pays. Pas d’outil informatique ni d’accessoires etc. Tout ça doit s’arranger. Il faudrait au niveau du comité olympique qu’il n’y ait que des spécialistes qui travaillent. Que ça soit plus professionnel. Qu’on n’amène pas des gens par ce que ce sont des membres de la famille, des amis etc. Qu’on recrute les personnels sur la base des compétences car ce sont eux qui feront que le comité olympique puisse se développer. J’ai beaucoup de choses à dire et beaucoup de choses à faire si bien que je ne peux pas tout vous dévoiler. Mais comme on le dit, « On juge le maçon au pied du mûr ». Dans un an, quand je tiendrai une assemblée générale, on verra ce que j’aurais accompli. C’est pour cela que je suis candidat pour le comité olympique.
Votre dernier mot ?
C’est de dire aux uns et aux autres de garder la tête froide. Nous ne pouvons tenir notre assemblée générale que sur la base des textes. Si nous ne pouvons pas faire appliquer les textes, c’est qu’il n’y a plus de justice, plus de sécurité et il n’y a plus de structures. Nous devons respecter les textes. D’ailleurs, il a été dit au niveau du Forum national qu’on peut pardonner, mais cela ne veut pas dire que l’impunité est érigée en règle. Le Forum a bien dit qu’il n’y a plus d’amnistie. Donc, il faudrait que tout le monde se soumette à la règle. Qu’on puisse respecter les institutions et nous respecter les uns les autres C’est le commencement, pour qu’on ait un Centrafrique meilleur.
Signalons que la première partie de l’assemblée générale élective du CNOSCA s’est tenue le weekend end dernier. Le samedi prochain 23 mai sera réservé à l’élection du nouveau bureau dudit comité.