CENTRAFRIQUE : GOUVERNEMENT ET MINUSCA, LE DUEL FATAL.

Publié le par TAKA PARLER

Bernard SELEMBY DOUDOU
Bernard SELEMBY DOUDOU

Un nouvel épisode de la crise centrafricaine digne d'une réalisation hollywoodienne vient de mettre dos à dos le gouvernement et la Minusca. Ces deux entités ont la particularité d'harmoniser et de mutualiser leurs efforts pour la consolidation de la paix, le respect des droits de l'homme, la suprématie de l'autorité de l'Etat et la bonne gouvernance. Le ciel est actuellement très orageux entre le gouvernement et la Minusca avec des coups de tonnerre précédant la pluie qui ne cesse de retentir. En fait, il s'agit de la fuite non élucidée des chefs de guerre de kilomètre 5. Cette fuite est entourée de misères, confusions et incompréhensions et des questionnements et accusations fusent car le chef du gouvernement, lors d'une sortie médiatique a accusé publiquement la Minusca d'être responsable de cette fuite et d'être de connivence avec la Séléka.

La Minusca joue t-elle un rôle hybride dans cet imbroglio en dépit de sa neutralité et impartialité ? Pourquoi toutes ces manœuvres et manipulations ? S'agit-il d'une complicité ou d'une fuite organisée ? La Minusca a t-elle un intérêt à ce que le désordre perdure en Centrafrique ? Jusqu'où la Minusca est-elle capable pour minimiser et ridiculiser l'Etat centrafricain ? La Minusca soutient-elle l'administration parallèle de la nébuleuse Séléka ? La Minusca entretient-elle l'idée de la partition du pays ? Le rêve pétrolier centrafricain justifie t-il ce désordre ? L'invasion chinoise sur les grands marchés publics peut en être la cause ? Quelle est le degré d'implication du voisin tchadien dans cette mascarade ? Plusieurs questionnements tuent le raisonnement et la compréhension. Il s'avère nécessaire et important de rappeler que la Minusca a été créé par la résolution 2149 du conseil de sécurité de l'ONU en date du 10 avril 2014. Le conseil de sécurité de l'ONU, dans le cadre du chapitre 7 de la charte des nations unies a autorisé la Minusca à utiliser tous les moyens nécessaires à sa disposition pour accomplir son mandat et cela en étroite collaboration avec les autorités locales. Ainsi le mandat de la Minusca défini par le conseil de sécurité de l'ONU supplante t-il l'autorité de l'Etat ?

À notre humble avis, l'Etat centrafricain conserve la plénitude de son autorité. En conséquence, il doit demander de façon ferme à la Minusca de lui donner des explications probantes sur la supposée fuite. Si les accusations sont avérées, le gouvernement doit se plaindre au niveau du conseil de sécurité de l'ONU pour d'éventuelles sanctions en violation de la résolution définissant son mandat. En outre, le peuple est impatient de voir la réaction du locataire du palais de la renaissance qui semble tituber sur le dossier. Parallèlement à cette incompréhension, la gestion gouvernementale de la question sécuritaire est émaillée de beaucoup de déchets. Dans le pays de tous les paradoxes où le ridicule ne tue pas, le ministre de l'intérieur est le seul personnage à se battre sur les questions sécuritaires. Mais où est celui de La Défense ? On peut être démagogue et incompétent certes, mais lorsque l'autorité de l'Etat est défiée et mise à l'épreuve par la Minusca, ne peut-on pas effectuer une sortie médiatique pour prouver son existence ? Nous déplorons au passage le mutisme coupable de l'opposition et d la classe politique centrafricaine qui se trompent en pensant que la question sécuritaire ne concerne que le pouvoir établi. Par cet acte indigne qui n'honore pas les nations unies, le peuple centrafricain est atteint dans son orgueil. En conséquence, nous invitons le peuple à garder espoir et à soutenir solidairement les actions du Président de la République dans son bras de fer digne d'un Clasico espagnol qui l'oppose à la Minusca.

Il faut rappeler que les missions de l'ONU en Afrique ne sont pas à leur premier fiasco a l'instar de la Minusco au Congo et de la Minuci en côte d'ivoire. Fort de ce qui précède, nous invitons le Président de l'assemblée nationale de mettre en place une commission d'enquête parlementaire pour définir la responsabilité de la Minusca dans cette affaire et de faire la lumière sur la substance d'un supposé accord passé par le Président de la République et les fugitifs lors de leur réception au palais de la renaissance car la présidence de la République semble jouer une partition importante dans ce désordre organisé. Cette situation expliquerait l'arrivée inopinée et sans crainte de Francis Bozizé et la fuite ou alors le déménagement des seigneurs de guerre de kilomètres 5. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

Paris le 19 août 2016.

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Administrateur des Elections

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Bea Ngouyombo 22/08/2016 14:11

Monsieur Monteiro, chef de la Minusca, meme un simple habitant du village Guiti-litimo ayant eu son certificat elementaire connait votre truc. Vous defendez de facon ehontee le mepris par la France du peuple centrafricain. Ce peuple ne demande qu'a vivre dans la paix et non pas de la demagogie. Le premier ministre Saramandji a mis le doigt sur le mal- le complot de la France de Hollande et de Sarkozi visant a detruire notre pays. Cette complicite, vous la Minusca tenez a couvrir alors que le peuple centrafricain voit clairement. La complicite de la France via la miniscule force de l'ONU - la Minusca- est mise a la lumiere depuis la fuite organisee par vous a partir de Bangui d'un groupe de criminels seleka vers le nord de notre pays pour les mettre a l'abris d'une poursuite certaine en justice. Pourquoi avez-vous agi de facon "lache" envers ces criminels mais vous n'avez pas hesite a arreter le fils de Bozize? Est ce parce que la France de Hollande et de Sarkozi continue a en vouloir a la famille de Bozize? La France a-t-elle a punir tout un peuple au nom de sa justice du plus fort qui est toujours la meilleure? Le peuple centrafricain en ce moment connait bien ses ennemis: vous et ces mercenaires etrangers qui detruisent notre pays en s'opposant a la paix. Monsieur Monteiro, vous faites simplement du montage pour cacher votre intention visant a maintenir le pays dans le desorcdre. Mais savez bien que quelque soit la duree de la nuit, le soleil s'elevera un jour.

Bea Ngouyombo 22/08/2016 05:42

Reactions- Zingo, vous etes entrain de passer a cote de la question de l'heure: il s'agit de l'aide accordee par la Minusca a certains criminels pour fuire vers Kaga Bandoro. Pourtant ces gens sont recherches par la justice centrafricaine. Vous parlez de Francis Bozize libere mais vous refusez de voir qu'il est libere sous caution. Il lui est interdit de quitter le territoire national. Alors que les fugitifs ont trouve refuge au nord et ont donne un ultimatum au gouvernement. Ils se promenent librement au nord est et viennent de creer une station de radio pour vehiculer leurs propagandes pour recruter des mercenaires. Deja certains soi-disant experts, surtout francais, commencent a vehiculer des messages que la RCA n'a jamais existe comme pays. Selon eux il n'a jamais existe une cohesion nationale. Or en realite les populations centrafricains ont toujours vecu dans la paix, et ce entre chretiens et musulmans. Un tiers de mes amis d'enfance etaient musulmans et nous parlions sango.Le sango a ete un des elements unificateurs. |Aussi il suffit de chercher des noms a consonnantes oubanguiennes partout a travers des langues locales pour savoir que les Centrafricains ont toujours partage des faits culturels bien avant l'arrivee des colons europeens. Ex des aspects linguistiques en RCA sont les Bo- comme dans Boda, Bossangoa, Bossemble, Bozoum, Ba- comme dans Bangassou, Batangafo, Bambari, Nana-Bakassa, etc et autres termes comme Banda, Gbango, Zangoa (en Sango-Yakoma et Gbaya Bossangoa), Gbaya, Gbanziri, Kaba /Kabo, et des noms propres tels que Zouayembi, Nguinza, Malenguiza, Maleporo, Kiringuiza, etc. Des experts en linguistique comme le professeur Tikidiri vous diront en quoi les langues centrafricaines sont plus ou moins liees. C';est la raison pour laquelle le Sango s'est repandu rapidement au pays. Dire que la nation centrafriciane, c'est faire preuve d'ignorance. Si nos compatriotes du nord ont refuse d'apprendre a parler sango notre langue nationale, c'est parce que partout en Afrique noire ou les musulmans ont a cohabiter avec d'autres populations, ils ont toujours refuse d;apprendre la langue de l'autre pour s;accrocher a l'arabe la langue de leur religion. Ils ont toujours rejete un systeme educatif non axe sur l'education 'islamique. Les gens qui ont vecu ou voyage au Nord Cameroun ou Nord du Nigera peuvent comprendre ce que je dis. Ils ont plutot developpe une langue locale -le haoussa, qui est populaire du Nord Camerouin jusqu'au nord du Nigeria. Cette langue revalise avec l'arabe local. C'est la meme situation au Tchad et certainement au Niger, pour ne citer que ces cas-ci.

ZINGO 21/08/2016 17:01

Il est facile au Gouvernement d'accuser la MINUSCA oubliant que quelques jours avant le Président aurait recu ces memes chefs rebelles au Palais de la RCA. Les centaines de morts innocents centrafricains ne disent rien au Président dès lors qu'il a le pouvoir. Doit on faire semblant de gouverner sur le dos des cadavres de morts innocents? Nous sommes tous centrafricains. Nous avons tous souhaité que le Président TOUADERA soit élu, au nom de tous les morts centrafricains innocents. On ne peut pas comprendre que celui qu'hier a mené le DDR qui a échoué vienne nous dire aujourd'hui que c'est par le DDRR qu'il va nous sortir de l'abime. Encore que le financement du DDRR n'est pas acquis. C'est un manque de réalisme et pragmatisme. La Communauté Internationale refuse de financer le DDRR et ce n'est pas l'Union Africaine qui par ailleurs est financée par la Communauté Internationale qui va venir financer le DDRR en RCA. C'est vraiment une illusion de croire que la Communauté Internationale va débourser là entre 40 et 50 millions de dollars pour le DDRR quand cette meme Communauté internationale réclame de justifier les 8 milliards destinés au DDR en 2008. Comment le Président pense que la Communauté Internationale va financer le DDRR quand cette Communauté par la MINUSCA arrete l'un de ceux qui ont mis le pays dans cette situation et celui est libéré par les Autorités nationales. Pensons nous vraiment que la Communauté Internationale n'a pas les yeux pour voir et les oreilles pour entendre. La situation de l'impunité en RCA et l'attitude des autorités caractérisée par sa faiblesse et son manque de vision et de volonté permettra pas le financement du DDRR comme envisager par le Président. Il y a eu trop de morts innocents en RCA. Au nom de ceux là, il faut changer d'approche.