EN ATTENDANT LE DDRR, LA SÉCURITÉ VACILLE MALGRÉ LA DÉTERMINATION DU GOUVERNEMENT

Publié le par TAKA PARLER

EN ATTENDANT LE DDRR, LA SÉCURITÉ VACILLE MALGRÉ LA DÉTERMINATION DU GOUVERNEMENT

Il ne fait pas de doute que la levée de l'embargo infligé par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies aura des conséquences heureuses pour le retour imminent de la quiétude en République Centrafricaine après d'années de conflits fratricides meurtriers. Le 31 mai dernier, le commandement de l'opération française de la Sangaris a déjà annoncé les couleurs pour aider le pays dans le cadre de la restructuration de son armée qui a subi une désorganisation depuis le déclenchement de la crise. L'annonce a été faite suite à la récente visite à Bangui du président français François Hollande. La France se propose de doter les Forces Armées Centrafricaines (FACA) en matériels adéquats notamment des armes, logistiques en plus de la formation qui se déroule en ce moment au camp militaire de Kassaï. Cette aide permettra à notre armée de devenir opérationnelle afin de venir en appui aux forces internationales de la MINUSCA et la sangaris dont la mission en Centrafrique prendra fin en décembre prochain. L'objectif aujourd'hui pour les autorités en place est d'assurer la sécurité de la population civile en proie aux incessantes exactions commises par les groupes armés et des personnes armées non identifiées et aussi de protéger les frontières dont la porosité atteint son paroxysme. L'insécurité demeure dans certaines villes de l'intérieur du pays et les forces déployées sur le terrain ne parviennent pas toujours à circonscrire le danger. Les exactions se poursuivent sur l'axe Bangui-Garoua Mboulai. Pourtant c'est la seule voie de communication qui permet de ravitailler la capitale et ses environs en vivres et produits de première nécessité. Par ailleurs, les paysans brulent d'envie de vaquer librement à leurs activités quotidiennes en cette période de la saison des pluies. Ils veulent reprendre les travaux champêtres, leurs commerces et petites activités de subsistance. Pour ce faire, le gouvernement promet de refonder l'armée nationale pour la rendre moderne, pluriethnique et compétitive sur le terrain.

Les poches de résistance subsistent

Il s'agit de dépolitiser les forces armées nationales pour qu'elles soient au service de la nation. Mais avant cela, la priorité reste et demeure la mise en œuvre effective du processus Démobilisation, Désarmement, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) des ex-combattants. Cela nécessite bien entendu la mobilisation d'énormes moyens financiers. Le gouvernement centrafricain doit compter sur le soutien des traditionnels partenaires au développement. D'aucuns affirment que les multiples déplacements à l'étranger du président de la République, Faustin Archange Touadéra se situe dans ce cadre. Tandis que le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji s'est rendu au grand rapport au camp Kassai après la nomination du nouveau chef d'Etat major des FACA et de ses adjoints.

En attendant, il ya des zones inaccessibles tel que le Km5 dans la capitale en dépit de la reprise des activités commerciales et d'un calme précaire. En province, dans les préfectures de Nana Grébizi et de la Ouaka, les poches de résistance subsistent et les groupes armés bien identifiés sont actifs et sèment la terreur. Les troupes rebelles narguent les autorités établies à tel point que certains fonctionnaires et agents de l'Etat n'ont pas regagné leurs postes d'affectation craignant ainsi pour leur sécurité. Pis encore, à ce jour, les milliers des personnes déplacées évitent de regagner leurs résidences habituelles mais le gouvernement manque de volonté pour favoriser ce retour. Heureusement, les organisations internationales humanitaires sont toujours aux côtés des nombreuses victimes de la crise.

Ghislain Focky/Epervier

Publié dans Société

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zingo 18/06/2016 15:03

Il y a un manque évident de volonté politique de la par des Autorités cachées par la main tendue du Président de la République vers les groupes armés notamment les SELEKA qui ont refusé en répondant par l'unification de leur commandement. Si le Président n'a pas compris le sens de ce geste des SELEKA, c'est ce qu'il y a de la naïveté béate quelque part. Ce qui est sûr et certain lorsqu'on dispose du monopole de la violence légitime, on ne négocie pas avec des bandits. On donne force à la Loi.

Tatene 20/06/2016 00:42

Bravo vous avez bien parlé ! Touadera ta roublardise et couardise doivent céder le pas à la clarté politique et la volonté du peuple de découdre frontalement avec les criminels et les collabos, dont ton Dircab, certains de tes conseillers, le Président nigérien de l'Assemblee Nationale que tu as soutenu, etc et les nominations misérables de tous tes partisans incompétents. Tu es en train d'échouer, prends la parole, parles le peuple veut un leader qu'il entend régulièrement ! L'heure est GRAVE !

MAWA 18/06/2016 14:39

Prendre comme priorité le DDDR avant le redéploiement des FACA est un leurre. Il n'y a pas de financement pour ça. La Communauté internationale sans le dire clairement s'oppose à cet financement en raison de la mauvaise gestion et la mauvaise utilisation faite des 8 milliards de F CFA donnés à l'époque du Premier Ministre TOUADERA qui n'a jamais donné suite à la demande des justificatifs de l'utilisation de ces fonds. Si le Président veut le rétablissement de la paix en RCA qu'il impose le redéploiement des FACA. La France lui a déjà indiqué la voie en équipant nos forces de défense et de sécurité d'armes. Il revient au Gouvernement de prendre la suite. Personne n'est prête à financer le DDDR de FAT tant que le Président n'aura pas justifié les 8 milliards octroyés en 2008. Voilà les raisons plausibles et non avouées clairement par les bailleurs de fonds internationaux.

Nah 18/06/2016 14:52

Rappelons que le DDDR est prévu et indiqué dans les résolutions 2127 et 2149 du Conseil de Sécurité de l'ONU. Comme les Autorités n'ont aucun courage, elles n'osent pas demander l'application pleine et entière de ces résolutions. Le Président de la République peut faire le tour du monde en se pavanant avec son Directeur de Cabinet, Ministre d'Etat, Inspecteur de Travail de son Etat, il n'aura rien, s'il n'écrit pas au Conseil de Sécurité pour réclamer l'application des Résolutions qui préconisent le processus du DDDR. Ce n'est pas avec des discours plats, sans contenu ni contenant tenu à Bruxelles devant les Présidents et Chefs de Gouvernements européens qu'il obtiendra ce dont il a besoin pour financer le DDDR considéré par ailleurs par certains bailleurs comme une Prime à l'Impunité. Il faut un programme clair et chiffré dont l'exécution sera confiée aux internationaux. Sinon, peine perdue, il n'ara rien!