CENTRAFRIQUE: QUI CHERCHE A DÉSTABILISER LE POUVOIR DE TOUADERA ET SARANDJI ?

Publié le par TAKA PARLER

CENTRAFRIQUE: QUI CHERCHE A DÉSTABILISER LE POUVOIR DE TOUADERA ET SARANDJI ?


Depuis début mai 2016, la Centrafrique est le théâtre de curieuses attaques : des
positions militaires sont attaquées et vidées de leurs stocks d’armes par des hommes armés,
notamment les factions de la séléka, suscitant craintes et interrogations. Le tout dans un
contexte politique resté très tendu depuis le grave conflit qui a chassé du pouvoir le général
François Bozizé et son premier ministre Faustin Archange Touadera le 24 mars 2013.
De fait, le règlement politique et judiciaire de cette crise n'est qu'à peine commencé
avec le retour à l'ordre constitutionnel de ces mêmes personnes chassées qui ont repris les
choses en main. Cette semaine s'est ainsi ouvert à Bangui la première grande déclaration de
menace liée à une éventuelle crise de déstabilisation. Sur le banc des prévenus : certains
hommes politiques et les factions de l'ex séléka qui reconstituent dans l'arrière-pays, à leur
tete, un certain Nourredine Adam, pilier de l'appareil sécuritaire de l'ex-régime de Djotodia, et
quatre autres chefs rebelles, notamment Abdoulaye Hissèn, Mahamat Moussa Mahamat,
50/50 du km5 voire Ali Darass, l'empereur de la Région de OUAKA. La déclaration du
premier ministre Sarandji, le mercredi 15 juin, a duré une heure et a donné lieu à de vives
réflexions, signe que la tension dans le pays est loin d'être retombée.
Elle s'est même exacerbée depuis début février, pendant les périodes électorales : des
individus lourdement armés n'ont cessé de frapper au km5, mettant ainsi les paisibles
populations dans une situation confuse. Des tueries par-ci et par-là. Au lendemain de
l'élection présidentielle et la prestation du serment du président Touadéra, les choses se sont
multipliées et la vie semble redevenue difficiles pour les populations de l'arrière-pays, à
travers l'occupation de certaines régions par les groupes armés venus du Tchad et des deux
Soudans, tuant, incendiant, au su et vu des éléments de la MINUSCA sensés les protéger.
Des épisodes similaires se sont produits dans plusieurs autres localités : à Kabo, Bocaranga,
Kouango, Markounda, Ngaoudaye, Nana Bakassa, Nièm Yéléwa, Mbrès, Mala, Bakala... Le
dernier a eu lieu la semaine surpassée, au km5. Il a fait officiellement 4 morts.
En tête des suspects possibles : les fidèles de l'ancien de Nourredine Adam de la
séléka, de retour dans le Nord du pays – vivant en catimini depuis bientôt deux ans, accusés
par les organisations internationales d’être auteurs de troubles dans le pays pendant 10 ans. Ce
n’est un secret pour personne : beaucoup des militaires qui ont servi sous Djotodia et vivent
en exil dans les pays voisins et dans l'arrière pays, où ils sont plus d’un millier, ont des envies
de revanche depuis l’installation au pouvoir de Touadera, accusé d'être l'élève de Bozizé.
Pour un observateur, il faut ouvrir le champ des investigations sur la déclaration du PM
Sarandji: les comploteurs dont il parle désormais quotidiennement, pourraient aussi être issus
du camp Touadéra/Sarandji. «Les gens qui en veulent à Touadéra et Sarandji sont nombreux».
Parmi eux, il y a les alliés qui ont contribué à leur élection, mais n’ont pas été pris en compte
depuis presque quatre mois. Ces hommes sont plusieurs et s’estiment pour la plupart mal
récompensés. Ils ont toujours leurs "armes" prêtent à changer d'épaule.
Les dignitaires de la transition et leurs partisans figureraient également parmi les
mécontents du nouveau régime Touadéra selon la déclaration de Sarandji. Car, depuis
plusieurs temps, certaines personnes nommées à des postes juteux ou ceux affectés à
l'extérieur ont été supprimés, la plupart ont été mis à l’écart et dont leurs décrets de
nomination ont été rapportés silencieusement. FACA, Policiers et gendarmes ont des raisons
d’être eux aussi insatisfaits : soupçonnés d’être restés fidèles dans les rangs des groupes
armés, ils sont peu ou pas armés jusque-là. À l’intérieur du pays, ils sont inactifs car leur
nombre est insignifiant pour mener à bien leur mission. La nomination d'un certain Joseph
Yakété à la Défense, n'est que la mainmise de la Défense française sur l'Armée centrafricaine.
Car, l'homme qui est un membre actif de la gauche n'a de quoi à dire sur le plan
machiavélique de la France, que d'obtempérer aux manœuvres de la déstabilisation du pays.
C'est pourquoi, à Bangui, les habitants sont mécontents de la stratégie du nouveau ministre de
la Défense, visant enlever tous les postes de contrôle des FACA dans les quartiers Bangui et
sur certaines voies provinciales. Raison pour laquelle, les violences ont refait surface.
Touadéra est à son tour englué dans la spirale de violence, alors qu’il paraissait être la
solution pour la crise! Dans ces conditions, la sécurité, libre circulation, la réconciliation
nationale sont-elles encore possible? La question se pose aujourd’hui ! Comment va t-il
concilier, la justice équitable, la paix et la stabilité du pays ? Au moment où plusieurs voix
s'élèvent déjà pour une gestion égocentrique du pouvoir , nous assistons à des annulations
muettes des Décrets en cascade. Doit-on parler de démocratie dans pareille configuration ?
Affaire à Suivre...


Jospin Léo Kassoumbalessa

Publié dans POLITIQUE

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