PRÉSIDENCE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE CENTRAFRICAINE : ÉLECTION OU CALCULS POLITICIENS ?

Publié le par TAKA PARLER

Bernard SELEMBY DOUDOU
Bernard SELEMBY DOUDOU


En attendant les élections législatives partielles prévues le 13 mai 2016, les nouveaux parlementaires ont été installés le 3 mai à l'issue de l'entrée parlementaire. L'issue de la toute première session des parlementaires permet de mettre en place l'organe dirigeant de cette noble institution. Le dépôt des candidatures était prévu pour le 4 mai et les élections fixées au 6 mai 2016. La présidence de l'assemblée nationale est le poste stratégique le plus convoité, qui suscite l'attention et les calculs politiques de la classe politique centrafricaine. Ainsi, quels sont les principaux critères pour ravir le poste de président de l'assemblée nationale ? S'agit-il de l'âge des candidats ? Des jeux d'alliances des députés ? D'acheter des députés ? De l'expérience politique ? D'avoir beaucoup d'argent ? D'être chrétien ou musulman ? Ou alors il s'agit de critères nocturnes qu'on ose pas prononcer en public ? Au regard de ces différentes interrogations, peut-on parler d'une élection dans le sens étymologique du terme ? A titre de rappel, une élection par définition est un choix réalisé au moyen d'un suffrage auquel toutes les personnes disposant du droit de vote sont appelées à participer. Son objectif est de désigner une ou plusieurs personnes pour exercer un mandat électoral. Le cas de la présidence de l'assemblée nationale centrafricaine répond t-il à cette définition ? Apparemment, le pouvoir centrafricain semble craindre une disposition constitutionnelle qui autorise le président de l'assemblée nationale à assurer la vacance de poste du President de la République en cas d'empêchement ou d'indisponibilité de ce dernier. Cette crainte est légitime car cette disposition constitutionnelle est une voie démocratique de perte de pouvoir d'où la nécessité d'y placer un homme de confiance. Ce mal démocratique n'est pas l'apanage du pouvoir centrafricain mais découle d'une vieille tradition politique en Afrique. La rupture qui est le leitmotiv du mandat de Touadera n'est-il pas valable pour l'élection du President de l'assemblée nationale ? C'est à dire rompre avec les pratiques du passé et laisser les parlementaires désigner librement leur President sans considérations politiques ? Le choix des représentants de la nation s'est porté sur la personne de Karim Mekassoua pour présider l'assemblée nationale, nous saisissons l'opportunité pour adresser nos sincères félicitations au bureau de l'assemblée nationale. Le successeur de Monsieur Nguendet, malheureux candidat aux dernières présidentielles et ancien concurrent est aujourd'hui allié du President de la République...pourvu que ça dure. Nous osons espérer que cette collaboration au sommet de l'Etat contribuera favorablement au développement durable de notre jeune démocratie pour le bien être de tous les centrafricains.

Paris le 06 mai 2016

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Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Administrateur des Elections

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