LA CENTRAFRIQUE PEUT-ELLE VERITABLEMENT ROMPRE AVEC LES MANOEUVRES DU PASSÉ ?

Publié le par TAKA PARLER

Bernard Selemby DOUDOU
Bernard Selemby DOUDOU

Pendant que le gouvernement de transition est entrain de préparer la cérémonie budgétivore de l'investiture du 30 mars 2016, le nouveau président élu de Centrafrique continue son périple mondiale. D'ailleurs des voies discordantes se font entendre dans son entourage pour obtenir un ticket d'embarquement dans l'avion présidentiel, certains se plaignent ouvertement de l'occupation territoriale des uns autour de l'astre. Le désormais Président de la République doit savoir que l'attente des centrafricains en le choisissant est tellement grande qu'aucune erreur ne lui sera permise. L'ancien professeur de mathématique et ancien recteur de l'université de Bangui saura utiliser le potentiel humain que dispose le pays : l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. La nouvelle philosophie de rupture imposée par le président de la République doit être au dessus de toutes considérations partisanes, régionales, ethniques ou de récompenses de services rendus. La rupture signifie littéralement casser, briser, ce qui implique la notion d'oubli. Mais existe t-il vraiment une rupture entre le passé et le présent ? On apprend par ailleurs la mise en place d'un secrétariat ou d'une commission pour les cents premiers jours du président au pouvoir. N'avait-il pas de projet de société ? N'avait-il pas une équipe de campagne structurée et hiérarchisée ? Cette volonté de trop bien faire et vite peut rapidement se transformer en cauchemar pour le peuple centrafricain qui n'aspire qu'à la paix, la sécurité et surtout la bonne gouvernance. Les vieux vautours et les prostitués politiques qui ont élu domicile dans sa villa de Boyrabe, qui représentaient en somme moins de 10% au premier tour des présidentielles risquent de le prendre en otage et de l'aiguiller sur une voie sans issue. Ainsi on se pose légitimement la question de savoir si on peut faire du neuf avec du vieux ? En d'autres termes, la rupture prônée par le nouveau pouvoir peut se faire réellement sur les vestiges du passé ? La rupture par définition est une action de rompre, ce qui implique une cassure et en politique, c'est une nouvelle politique qui se démarque du passé. Compte tenu du défilé macabre des vautours à l'hôtel parisien du Président de la République, la rupture est loin de commencer sauf si sa vigilance est au rendez-vous. Sur le sol de ses ancêtres, le président de la République est devenu le célèbre jack-pot de l'année qui attire de convoitises et que tout le monde veut décrocher et cela même à l'étranger. Certains n'hésitent pas à vanter une quelconque filiation, une amitié ou un lointain souvenir avec le nouveau locataire du palais de la renaissance. Où est alors la place du peuple centrafricain qui l'a élu dans cette supercherie ? J'ose espérer que son cabinet saura le recadrer et lui rappeler de façon perpétuelle sa mission et les attentes du peuple. A vrai dire, le peuple centrafricain ne demande autres choses que la bonne gouvernance.

Fait à Paris le 11 mars 2016.

Bernard SELEMBY DOUDOU, Juriste, Administrateur des é
lections

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