L'AUDIT DES INSTITUTIONS DE LA TRANSITION S'IMPOSE

Publié le par TAKA PARLER

BERNARD SELEMBY DOUDOU
BERNARD SELEMBY DOUDOU

La cour constitutionnelle de transition vient de valider sans encombres les résultats définitifs et irrévocables des présidentielles proclamés quelques semaines avant par l'agence nationale des élections. Le nouveau Président de la République légitimement élu n'a pas voulu attendre son investiture, il a commencé un périple sous régional pour prendre ses repères et affûter ses outils de travail. Au même moment, les institutions de la transition ont reçu la palme d'or dans des manœuvres dignes d'une République bananière. On apprend des vols des véhicules de l'Etat, certains ont même déjà des immatriculations privées. Le bradage des édifices et domaines publics où les heureux acquéreurs appartiennent aux institutions de transition. On assiste outre mesure à des nominations fantaisistes à des postes juteux et même dans nos représentations diplomatiques à l'étranger. Des employés fictifs sont en nombres à la présidence, des distributions des grades non mérités aux fonctionnaires et agents de l'Etat. La caverne d'Ali baba a même délivré affectueusement des permis de construire, des permis de chasse et des permis de port d'arme de chasse. Comme si tout cela ne suffisait pas, des passeports diplomatiques ont également fait l'objet de marché de gré à gré... Fort de ce qui précède, le nouveau locataire du palais de la renaissance doit privilégier un audit de toutes les institutions de la transition. Pour bien rimer avec la "rupture" tant prônée par le nouveau Président de la république, la nouvelle façon de bien gérer l'Etat et l'administration c'est le contrôle interne et l'audit public. Il serait nécessaire au nouveau pouvoir de renforcer les systèmes nationaux d'audit. L'audit par définition est une activité indépendante et objective qui donne à une organisation une assurance sur le degré de maitrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les améliorer et contribuer à créer de la valeur ajoutée. Ainsi cet audit aidera l'Etat à atteindre ses objectifs en évaluant, par une approche systématique et méthodique, ses processus de management des risques, de contrôle et de gouvernement d'entreprise et en faisant des propositions pour renforcer leur efficacité. A défaut d'audit, la croissance économique prendra du temps à se mettre en route donnant ainsi l'impression au citoyen lambda de l'inefficacité de la politique du gouvernement. La Centrafrique est devenue par la force des choses un pays de défis : le peuple a su se relever après une longue crise, l'organisation d'une élection jugée crédible dans son ensemble par la communauté internationale, un candidat qui reconnaît avant l'heure sa défaite pour protéger son peuple, un Président élu qui rend visite au candidat malheureux(inédit). Pourquoi ne pas continuer à relever les défis en auditant les institutions de la transition, en traduisant en justice les auteurs, co-auteurs et éventuels complices des crimes économiques ? Ne perdant pas de vue les anciens dignitaires qui sont entrain de faire les yeux doux au nouveau homme fort. Dans le même contexte, ne serait-il pas nécessaire de déclarer son patrimoine avant la prise de service à des hauts postes de responsabilité ? A l'instar de toute entreprise ou boutique, inventorier ou auditer l'héritage permet d'avoir une idée nette du patrimoine en vue d'adopter et d'ajuster sa politique de relance économique. Telle est à mon sens la "rupture" qui est le maitre-mot du nouveau pouvoir.

Bernard SELEMBY DOUDOU, Juriste, Administrateur des élections.

Publié dans Opinions

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N'GANGA 07/03/2016 13:04

Franchement, face aux innombrables défis qui assaillent ce pays en ce moment (populations déplacées, refugiées, urgences humanitaires, sécuritaires, désarmement, etc..) faut il privilégier la chasse aux sorcières ? Qu'est ce qu'il y'a à auditer ? les miettes que la communauté internationale accordent par charité à ce pays ? Ils sont là présents et gèrent eux mêmes leurs affaires. Quelle est la richesse produite par ce pays et qui nécessite un audit ? Le principe même de l'audit est de ne regarder que là où les montants des transactions sont importants. Quels sont les montants des transactions sur ressources propres du pays ? Non, non et non, ne nous perdez pas de temps pour rien. Le problème de vol en RCA est un problème sociétal, d'éducation et de moralisation (certaines langues disent que le Centrafricain, s'il ne t'a pas voler c'est qu'il à tout simplement oublié). Il faut un travail en profondeur pour débarrasser ce peuple de ce tard. Un audit financier à ce jour ne viendras qu'exacerber seulement les tensions. Entendez_nous bien, je ne défend pas l'impunité mais je ne voie pas l'opportunité d'un audit maintenant.

BAKODRO 07/03/2016 09:53

Je suis d'accord avec cette argumentation sauf qu'il faut un ordre de priorité. La première des choses à faire par TOUADERA est de désarmer et de neutraliser tous ces bandits de selekas et de balakas, de les désarmer. Or, j'apprends que sa sécurité est assurée par les Gbangouma et les Ngaïkosset qui sont parmi les pires assassins. Ces 2 ne lui apporteront que des problèmes mais ne pourront jamais le défendre. Lorsque Bozizé a été attaqué, ils ont été les premiers à fuir. Touadera devra tirer les leçons

alfre louis mvondo 05/03/2016 10:00

La rca un peuple frère sortez du bateau nofrage par la suite rendez grâce à Dieu de vs avoir sauver récupérez ceux qui peut être récupéré sans risque de nouvelles noyad n 'acceillez pas le nouveau président comme les juifs attendaient Jesus comme le roi qui vient réglé leur comptes mais comme le président de toute la rca ne ne fera pas de miracles si vs ne l'aides dans sa lourde tache merci