MISE AU POINT POURQUOI J’AI CHOISI LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA

Publié le par TAKA PARLER

MISE AU POINT POURQUOI J’AI CHOISI LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA

A l’attention de mes compatriotes et les amis de la République Centrafricaine

Le peuple Centrafricain dans son ensemble a décidé de mettre fin aux différents cycles de violences et

des hostilités sur toute l’étendue du Territoire national. Personne ne peut rien contre la volonté du

Peuple. Et Dieu aime le peuple, mon peuple. Je suis fier d’appartenir à cette catégorie de compatriotes

qui déclarent, tout comme moi, à qui veut l’entendre : Plus Centrafricain que moi tu meurs !!!

Certains de mes anciens camarades pensent que j’ai trahi la Séléka, que je défends mes intérêts

égoïstes et personnels ; d’autres individus croient que je veux plaire pour échapper à la justice.

Dernièrement encore, par erreur d’un journaliste, un groupe de personnes m’a précipitamment accusé

de prétendre « injustement » représenter la Communauté musulmane Centrafricaine.

Voici mes réponses pour éclairer les lanternes.

Non ! Je n’ai pas trahi la Séléka mais j’ai plutôt combattu les esprits belliqueux, extrémistes et

divisionnistes imbus de vengeance qui avaient pris le contrôle de la Séléka. Sur ce, je suis en parfaite

adéquation avec les intérêts supérieurs de mon pays. Si cela s’appelle trahison, alors je suis fier d’être

un traître, mais un traître pour mon pays contre les fauteurs de troubles.

Lorsque j’ai signé l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville, la direction de la Séléka m’a

suspendu pour motif de « Haute Trahison » (rires). J’ai été taxé de traître juste parce que j’ai signé un

accord qui a progressivement ramené la paix dans notre pays. Alors, puisque le ridicule ne tue pas, je

Par ailleurs, je connais ceux de mes anciens camarades qui veulent maintenir les groupes armés de la

Séléka en l’état pour continuer à tirer sur les ficelles. Je refuse catégoriquement. Il y’a aussi de

nouveaux arrivants dans la danse. Mais cela ne marchera point. Jamais. Les Centrafricains, musulmans

et chrétiens confondus, ont opté pour la voie des urnes, la démocratie, la cohésion sociale et la

réconciliation nationale, ensuite le développement économique et social.

Non ! Que ces détracteurs aigris m’apportent les preuves de leurs allégations. Une seule preuve. J’ai

plusieurs fois été rapproché pour être responsabilisé. J’ai refusé. Mon combat actuel est un combat de

paix, de cohésion sociale, de justice et de réconciliation nationale.

Depuis que j’ai demandé l’application de l’Accord de N’Djamena qui a permis la démission de Michel

Djotodia et de son gouvernement, d’aucuns ont cru que je voulais être premier ministre. Effectivement,

j’ai été désigné par une frange de la Séléka. J’assume. Mais je ne fais pas la guerre pour cela.

Néanmoins, pendant que mes adversaires m’attendaient sur le terrain de la contestation systématique

et aveugle, ma démarche toujours républicaine les a tous désarçonné. Je n’ai appuyé aucune violence,

approuvé aucun projet de déstabilisation pour faire appliquer l’Accord de N’Djamena. Au contraire, j’ai

usé de tout mon savoir-faire et toute mon influence pour appeler les uns et les autres à la paix et à la

retenue. J’ai dénoncé toutes les tentatives de relance des hostilités.

Aussi, avec l’appui de l’Organisation des Jeunes Musulmans Centrafricains (ORJEMUSCA) et

l’Autodéfense du KM 5 ainsi que les notables et les opérateurs économiques, j’ai pu faire ouvrir cette

enclave aux patrouilles des Forces internationales et, ainsi, poussé vers le processus de la pacification.

Fort de ce succès au KM 5, j’ai créé l’association Matabissi Ti Siriri, avec laquelle des activités appelant

à la tolérance ont été menées, parfois relayées par la presse. Cette association a fait un travail de

proximité considérable pour la cohésion sociale.

Non ! Mais vraiment non ! Je n’ai pas apporté mon soutien au Professeur Faustin Archange Touadéra

pour me dédouaner de ce que me reprochent mes compatriotes et encore moins pour me dérober de la

Justice de mon pays ou de la Justice internationale. Je suis tout à fait disposé à répondre à toute

interpellation pour rendre compte à mon Peuple.

Déjà la Justice m’a rendu un jugement de NON LIEU dans l’affaire qui m’avait opposé, mon petit frère et

moi, au pouvoir de la Séléka en 2013. Ils m’avaient arrêté parce que j’ai refusé de cautionner les

dérives du pouvoir et les exactions contre les populations. En parfaite harmonie avec mon peuple,

j’avais dénoncé la barbarie du pouvoir de la Séléka malgré tous les avantages que j’y avais. J’ai dit haut

et fort que : « … on ne peut pas continuer à prendre les populations civiles en otages ». Voilà pourquoi

mes anciens camarades me dénigrent continûment à tout bout de champ.

Et ce n’est pas fini. A la tribune du Forum National de Bangui, j’avais dit : « … il n’y a pas de

réconciliation sans justice ». Je continue de me battre pour qu’il n’y ait plus d’impunité, et pour que la

chaine pénale soit plus indépendante et plus juste, à la grande satisfaction des victimes. Est-ce qu’on

peut dire de quelqu’un qui prône ces valeurs républicaines, qu’il veut échapper à la justice ?

Je veux demeurer digne d’être Centrafricain. Je veux que ma famille soit fière de moi. Je veux que le

nom Dhaffane ne soit pas souillé par ma faute personnelle. C’est pourquoi, je suis disposé à payer pour

quelque crime que ce soit, si je venais à être jugé coupable. Je ne suis pas un fuyard. Pendant que

d’autres se sont retirés à l’extérieur, moi, je suis resté à Bangui pour contribuer à l’apaisement général

C’est aussi pour réparer le mal commis, que je ne m’exonère pas d’apporter ma modeste contribution

en faveur du retour de la paix, de la cohésion sociale et surtout de l’Ordre constitutionnel.

POURQUOI AI-JE PREFERE TOUADERA ?

Guidé par le bon sens et fort des informations en ma possession, j’ai choisi le Professeur Faustin

Archange Touadéra qui a longtemps occupé le poste de Premier Ministre sans arrogance et sans

dualité, et qui a fait preuve de constante humilité. C’est aussi un travailleur acharné. On ne l’a jamais

entendu en déphasage avec les réalités Centrafricaines, aucun ressentiment contre les musulmans,

aucune déclaration discriminatoire en privé comme en public, aucun soupçon de quoi que ce soit. Il

sera naturellement un bon professeur pour son gouvernement. Le pays a besoin de pédagogie politique

Mon autre raison plus tactique et plus pragmatique pour renforcer le retour de la paix, est que la plupart

des Antibalaka soutiennent le Professeur Touadéra. Il est donc, à mes yeux, plus judicieux que la

majorité de la Séléka soutienne ce même candidat pour prémunir le pays de toute éventuelle reprise

des hostilités, si ce n’est contre les ennemis de la Nation. Alors là, nous nous retrouverons tous, en tant

que Centrafricains, dans une union sacrée, contre les ennemis de la paix et du peuple.

Enfin, sur le plan relationnel et affectif, j’ai choisi le Professeur Touadéra, parce que nous avons été, lui

et moi, circonstantiellement dans une situation de similitude. Et j’ai découvert son humanisme, son

grand cœur. Lorsque j’ai été arrêté par la Séléka, le pouvoir avait cherché à mettre la main sur mon

épouse. Elle a dû se réfugier avec sa fillette au sein du BINUCA (actuelle MINUSCA). Elle a été la

voisine directe du Professeur et sa famille. C’était le mois de Ramadan. Les deux familles ont cohabité

sans peur, sans suspicion, sans réticence et en toutes bonnes relations de bon voisinage. Voici là une

preuve de la grandeur d’esprit de ce compatriote, Homme d’Etat, non rancunier et non ségrégationniste.

Quelqu’un qui veut échapper à la justice cherche des refuges, une amnistie ou un protecteur. Or, moi, je

n’ai discuté aucun préalable ni aucun accord pour m’aligner derrière celui que j’ai librement décidé de

soutenir pour devenir le champion de la finale électorale, sans inimitié ni rancune mais de manière

républicaine. Nous travaillons à sa victoire prochaine. Nous y croyons fermement.

EST-QUE JE REPRESENTE LA COMMUNAUTE MUSUMANE ?

Là encore NON et NON !!! Je n’ai jamais prétendu parler au nom des musulmans contre les chrétiens.

Ce serait une aberration ! Une abomination !

Si j’ai bonne mémoire, Victor Hugo avait écrit : « parler pour les pauvres, ce n’est pas parler contre les

riches » et « il faut limiter la pauvreté sans [jamais] limiter la richesse », fin de citation. Si à quelques

occasions, il m’a fallu citer les musulmans dans certaines allocutions, c’est pour parler de

discrimination. Et j’ai pu lever l’équivoque lors du Forum National de Bangui en disant que la

discrimination n’est pas l’apanage de la République Centrafricaine, car ces problèmes se posent aussi

dans les grandes démocraties occidentales. J’avais même cité en l’occurrence la France, les Etats Unis

Je suis conscient que pour donner des consignes politiques à une communauté religieuse, il faut en

être le chef spirituel, le guide, l’imam, etc. Or je ne suis rien de tout ça. Je ne suis qu’un homme

politique, patriote, amoureux de mon seul et unique pays composé de musulmans, de chrétiens et

autres. Je me dois de le défendre avec toutes ses composantes sociales et ses valeurs culturelles et

Dans ma déclaration de soutien au Professeur Faustin Archange Touadéra, j’ai demandé pardon au

peuple Centrafricain avec une très pointue précision comme suit :

« … avant de vous livrer mon message politique, je voudrais demander un pardon spirituel à

Dieu, notre Créateur, parce que je reconnais avoir péché et trahi les Commandements de Dieu.

Je demande, une fois encore, un pardon sincère à tout le peuple Centrafricain (musulmans,

chrétiens et autres), aux expatriés victimes sur le sol Centrafricain, et aussi demander pardon à

l’humanité toute entière ». Car la Séléka n’a pas fait du tort qu’aux seuls chrétiens mais aussi aux

musulmans. Tout comme les Antibalaka, mais à l’inverse. Nous avons tous péché. Je le reconnais.

Dans cette même déclaration de soutien, j’ai lancé mon appel de la manière suivante :

« … au nom de tous ceux qui m’accompagnent dans ma lutte pour la paix et la réconciliation, au

nom de la Séléka Rénovée Paix et Justice, au nom de Matabissi Ti Siriri pour la cohésion

sociale, au nom de tous mes soutiens à l’intérieur comme à l’international, et après consultation

effective de tous nos organes de fonctionnement,

J’ai décidé de prendre mes responsabilités devant l’Histoire en déclarant que : nous avons

choisi de soutenir la candidature du Professeur Faustin Archange TOUADERA à la Magistrature

Suprême de l’Etat Centrafricain. Nous appelons à voter pour lui. » Peut-on comprendre cela

comme un appel aux seuls musulmans ? Non ! Et ce serait discriminatoire de ma part, mesquin aussi.

Tout en étant convaincu que beaucoup de mes compatriotes musulmans – puisqu’ils sont nombreux à

venir discuter les modalités de la campagne après ma déclaration à la radio - suivront mes consignes

de vote. Et j’ai pris l’engagement de n’en faire pas un fonds de commerce politique. Grâce soit rendue à

Dieu Le Tout Puissant Le Tout Miséricordieux, Dieu de Centrafrique, Dieu de paix et d’amour.

Voilà chers compatriotes et chers amis de la Centrafrique, cette mise au point de clarification que je

juge nécessaire pour rassurer l’opinion publique nationale et internationale de la non ambigüité de ma

démarche politique républicaine, non exclusive, nationaliste, juste et constante.

Fait à Bangui, le 8 février 2016

Mohamed-Moussa Dhaffane,

Président de Matabissi Ti Siriri,

Président de la Séléka Rénovée,

Signataire de l’Accord de Brazzaville,

Ancien Ministre d’Etat

Publié dans Communique

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freeman 10/02/2016 09:34

Merci Beaucoup Mr Daffane,
il ya un adage qui dit: le chien aboie, la caravane passe. La centrafrique est un pays Sacre que beaucoup ignorent. vous avez bien fait de vous ecarter car vous aimez votre pays et comme vous l'avez bien dit, la voix du peuple c'est la voix de Dieu. je salut votre courage et votre sens du Patriotisme et le seul conseil que je vous donne c'est de ne pas rester silencieux. Il faut denoncer tous ces malfrats et bandits et je suis sur tout le peuple centrafricain ne restera jamais a l'egar. Car les centrafricains ont marre de ces voyous qui ont terni la valeur de la communaute musulmane. et je suis tres fier de cette prise de position par rapport a ces trouble makers.

BAKODRO 09/02/2016 17:09

Attendez un peu de voir. Cette réaction plutôt hâtive. Elle ressemble aux applaudissements qui ont accueilli les seleka le 24 mars 2013. Très rapidement nous avions déchanté.

sbsnico 09/02/2016 16:11

Brava, tout centrafricain sait que vous étiez en prison lorsque la séléka étais au pouvoir car vous avez défendu tous les centrafricains sans exception. La seule personnalité de Séléka que je préfère.
Votre choix sur TOUDERA ne m'étonne pas car un VRAI CENTRAFRICAIN QUI AIME SON PAYS DOIT CHOIX TOUADERA CAR LE PASSE DE DOLEGUELE FAIT PEUR C'EST MON POINT DE VUE;
BRAVO