UNE ODE D'ESPERANCE POUR UN PAYS QUI SE MEURT !

Publié le par TAKA PARLER

Adrien Poussou
Adrien Poussou

Le Centrafrique est maudit, définitivement perdu, incapable de se réformer, réfractaire à la stabilité, impénétrable à la sincérité et laminé par ses propres enfants, des Centrafricains, si prompts à se quereller, à s’auto-dénigrer ou à se désigner (mus par un complexe d’infériorité) un directeur de conscience, de préférence un étranger.

Chaque fois qu’on le répète devant moi (surtout venant d’un étranger, compatriote Africain ou non, voisin de la CÉMAC ou non), je fais mine de me mettre en colère. Ce qui me dispense d’argumenter. Mais dans mon for intérieur, j’admets sans l’avouer, sans surtout le proclamer, qu’il y’a une part de vérité dans cette affirmation.

Car, comme le dit Amin Maalouf au sujet de son Liban natal, la République Centrafricaine « sera toujours un pays de factions, de désordre, de passe-droits, de népotisme et de corruption »; « mais c’est aussi le pays de la douceur de vivre, de la chaleur humaine et de la générosité ».

J’aimerais tant que ces paroles aient un quelconque effet sur mes compatriotes, les poussant à se départir, simplement par leur comportement, de cette mauvaise réputation. Qu’elles puissent les persuader de se montrer tolérant entre eux, citoyens d’une même contrée, et à s’accepter mutuellement, malgré leurs innombrables défauts.

Cependant, j’ai la prétention d’affirmer que sous des dehors affable, courtois, timide et par certain côté hypocrite, le Centrafricain est l’être le plus orgueilleux que je connaisse. Pis, il a la déception facile. De déception au renoncement, il finira peut-être un jour par se retrouver sans patrie. Et je crains que cette perspective inquiétante qui nous pend déjà dangereusement au nez ne s’accélère et ne se concrétise.

Bien sûr, ils se trouveront qui vont protester, et, profitant de l’occasion pour vitupérer l’auteur de ces lignes. C’est de bonne guerre. Seul le contraire aurait été suspect. Dans ces conditions et seulement dans ces conditions, j’ai la faiblesse de croire qu’avec un peu de bonne volonté et d’organisation nous seront capables de hisser notre pays sur un haut pavois. Et avec un peu de chance, il pourrait même être le creuset du vivre-ensemble et le pivot du développement social, culturel, économique, industriel dans l’espace CÉMAC. J’y crois !

À condition — risquant de torde le cou au politiquement correct ou de choquer la bien-pensance —, de faire peu de cas des proclamations grandiloquentes du genre : « ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande toi ce que tu peux faire pour ton pays ». Parce que, comme l’écrivain Amin Maalouf, encore lui, fait dire à l’un de ses héros, c’est « facile à dire quand tu es milliardaire, et que tu viens d’être élu à quarante trois ans président de la première puissance du monde »; « mais lorsque dans ton pays, tu ne peux travailler, ni te soigner, ni te loger, ni t’instruire, ni voter librement, ni exprimer ton opinion ni même circuler dans les rues à ta guise, que vaut cet adage de John Fitzgerald Kennedy ? Pas grand chose ». Simplement parce que tu attends de l’État et de ses dirigeants de mener une politique qui puisse te mettre en condition de t’offrir à toi et aux tiens, le strict nécessaire.

C’est en cela que je fais miennes les conclusions qu’Amin Maalouf met dans la bouche de son personnage : « c’est d’abord à ton pays de tenir, envers toi, un certain nombre d’engagements. Que tu y sois considéré comme un citoyen à part entière, que tu y subisse ni oppression, ni discrimination, ni privations indues. Ton pays et ses dirigeants ont l’obligation de t’assurer cela; sinon, tu ne leur dois rien. Ni attachement au sol, ni salut au drapeau. Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui donne tout, tu lui sacrifies tout, même ta propre vie; celui où tu dois vivre tête basse, tu ne lui donnes rien. Qu’il s’agisse de ton pays d’accueil ou de ton pays d’origine. Telle est la charte des hommes libres ».

Le prochain président de la République et son entourage sont donc prévenus. Ils n’auront rien de nous s’ils s’accaparent pour eux et leur famille l’ensemble des richesses du pays. Mieux, ils nous verront dresser devant eux tel un mauvais présage. Nous attendons d’eux une politique qui puisse nous permettre de libérer notre énergie créatrice. Une politique qui nous place au coeur de son dispositif; pas en périphérie. Le prochain chef de l’État doit pouvoir faire la différence entre les intérêts de son clan, de ses amis, de ses partisans et l’intérêt supérieur de la Nation !

Si, comme je l’espère, le président élu engage le pays sur la voie du renouveau et, priorités des priorités, apprend à ses compatriotes (en donnant lui-même l’exemple) le plaisir et la satisfaction que procure le travail bien fait, alors, il aura la reconnaissance éternelle du peuple centrafricain. Tel est le mal que je ne puis m’empêcher de lui souhaiter. Il devra également se départir des réflexes rétrogrades et de la tentation du repli sur soi et sur la famille proche. S’engager dans une telle aventure ne sera pas seulement un abandon de ses propres promesses mais une véritable trahison et en quelque sorte une insulte à la mémoire de nos compatriotes qui ont péri pour que leur sang versé favorise le renouveau centrafricain.

Car « c’est de la disparition de l’avenir qu’on ne se remet pas ». Et pour paraphraser le narrateur de « Désorientés », le pays dont l’absence nous attriste et nous obsède et pour lequel on se fait la guerre n’est pas celui que nous avons connu dans notre jeunesse, mais c’est celui dont nous avons rêvé depuis au moins cinquante ans et qui n’a jamais pu voir le jour.

Tous ensemble, et c’est une prière, inventons ce pays tant souhaité mais jamais réalisé !

Adrien Poussou

Publié dans Opinions

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Pierre 04/02/2016 22:51

Apprenons de nos erreurs et aimons la vérité… Tout ce qui est arrivé dans ce pays devait arriver vu comment les choses ont toujours été depuis plus de 50 ans. Et remercions le ciel que le président Djotodjia ne soit pas un assoiffé du pouvoir bref … Des libérateurs, aux Selekas et aux Antibalaka le pays a payé un lourd tribut surtout du fait de manque de sincérités de ses hommes politiques. Plus de 50% des acteurs ont fait partie de ces trois groupes. Tout ceci fera dorénavant partie de notre histoire et nous devront vivre avec et nous en souvenir, les transmettre à nos descendant pour éviter de revivre encore ces évènements …. Le Centrafrique a besoin de tous ses enfants. Tous ses enfants : du nord, du sud de l’est, de l’ouest, Babingas, Bororos, Talis, Bandas, Gbanous, Gbaka, Yakoma, … et aussi de Djotodja, de Bozize, et Noureldine Adam, de Gaikosset , de Rombo etc. La patrie a besoin de tous ses enfants pour sa fondation. Car reconnaissons-le « Rien a encore été fait dans ce pays ». Je reste confiant que nous pouvons tous vivre ensemble et c’est ce qui fera de nous un grand peuple. D’autres peuples ont pu le faire. Je pense aux Etats-Unis après la guerre de sécession entre le nord et le sud et aujourd’hui unis, ils sont la première puissance. Je pense au Rwanda, et aujourd’hui Kigali autrefois capitale macabre est devenu la plus belle capitale d’Afrique. Ne citer que ces deux-là. Ma prière aussi est que Bozize et Djotodjia avant de quitter cette terre puisse écrire leur mémoire afin que cela puisse aider nos historiens à établir la vérité sur tout ce qui s’est passé durant les 20 dernières années dans ce pays pour notre bien et le bien de nos progénitures.

freeman 31/01/2016 06:09

Vous avez raison monsieur Koyt, je n'ai rien dire de ce votre frere Mr Poussou a essaye d'etaler. Mais sachez une chose une personne talentueuse ne fait jamais la prostitution politique comme il est entrain de la faire. il croit que en etalant ces petites connaissance qu'il pourra avoir la chance de preter l'attention d'un homme politique et par apres il pourra trouver du travail et changer la veste de seleka. Laissez vous dire que la tache que la seleka a laisse en Centrafrique restera a jamais dand la memoire de pres de deux generations a venir. et tous ceux de pres ou de loin avait soutenu ce groupe barbare est fichu par la population centrafricaine toute entiere. pour ne pas aller loin,
prenons l'example du leader de MLPC. C'est pour dire votre Frere Poussa pratique la prostitution politique car durant le regime de Bozize, il avait un poste que j'ignore sans vous mentir et il s'est reconverti en Seleka et voila encore il est entrain de chercher des issues. Donc c'est pour vous dire de vous taire aussi et laisser les gens tranquille. Merci pour la comprehension.

loko 30/01/2016 20:58

éééééh, encore lui l'homme de plagiat et farceur du second degré...Bravo M. le Ministre c'est très dommage que le DIABLE NDJOTODIA ne reviendra plus aux affaires...Courage jeune homme pour tes analyses mais ce qui est triste le passé rattrape toujours...

Teddy 30/01/2016 12:10

Je hais les hommes de compromission comme ce Poussou qui nous a déçus en se ralliant au régime Seleka qu'il a tenté vainement de défendre vers la fin du règne de Ndjotodia. Ses prises de positions politiques sont éthiquement incorrectes aux yeux de nombreux centrafricains que nous sommes aujourd'hui. L'histoire le jugera durement avec son ami de même plumage Kodegue Simplice.

Koyt 30/01/2016 10:15

Un centrafricain, un homme public, qui s'exprime, prend position c'est son droit le plus strict. Lisez français. Il ne s'agit pas de leçon mais d'analyse. Une analyse objective de la situation. Si vous n'avez rien à dire freeman et consort taisez-vous. Politiquement je ne partage pas le point de vue de monsieur Poussou mais je suis obligé de reconnaitre qu'il dit un certain nombre de vérités qui vont dans l'intérêt de mon pays. Que vous le voulez ou pas, il a de l'avenir devant lui et il mettra à nouveau son talent au service de son pays. Qu'en est-il de vous??? Pensez-y