GEORGES ANICET DOLOGUÉLÉ ET FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA DEUX CANDIDATS FACE A LA QUESTION DE L’IMPUNITÉ EN RCA

Publié le par TAKA PARLER

Guy José Kossa
Guy José Kossa


Par GJK

Depuis l’annonce des résultats du premier tour, les Centrafricains en général,
semblent à la fois éprouver un réel et exceptionnel sentiment d’accomplissement, de
fierté ainsi que de plénitude, et baigner avec gratitude et sérénité, dans un
ravissement d’une profondeur digne d’admiration et de vénération ! Et si l’on ne peut
se soustraire aujourd’hui à l’euphorie collective, et à l’espoir d’un lendemain meilleur,
tout cela ne peut qu’être imparfait et partiel, du moins inachevé, réservé et bien
mesuré. La faute sans doute, à un dénouement futur et implacable qui tout en en
nourrissant l’espérance, tient en suspens et suscite des appréhensions.
En fait, quel avenir promettent et sont donc capables d’offrir concrètement aux
Centrafricains sans commettre un parjure, les bienheureux candidats à la présidence
de la République?
Sans doute me répondront-ils, que l’on veuille bien s’en référer aux « projets d’avenir
» décrits et présentés clairement dans leurs deux projets politiques, qu’il est
important – je l’admets – , de mettre autant d’attention à lire qu’ à apprécier l’intensité
du plaisir que cet exercice engendre.
Sécurité, paix, réconciliation, désarmement, lutte contre la pauvreté, préservation des
valeurs diverses, exercice de la souveraineté, politiques de développement, état
moderne, économie verte, croissance forte et durable, lutte contre la corruption, état
de droit, développement des infrastructures, bonne gouvernance etc…telles sont
notamment les idées maîtresses des deux projets politiques. Du reste, les trente
candidats du premier tour ne disaient pas autres choses. Car en définitive, la paix, la
sécurité, la réconciliation le développement en général, demeurent des
préoccupations que tous les Centrafricains ont en commun
Quant à leurs capacités et autres atouts personnels, les candidats du second tour,
apparaissent tous les deux comme des intellectuels de haut niveau, des
technocrates rompus et des hommes politiques d’expérience. Leur volonté et leur engagement à mener à bien, et à réaliser leurs grandes ambitions pour la RCA, ne
devraient faire l’objet d’un rejet systématique. Il faut commencer par leur faire
confiance
Toutefois, des deux projets qui sont présentés aux centrafricains, il ressort un seul et
même point insuffisamment développé et qui intrigue. A peine l’on sent si les deux
candidats ont souhaité l’aborder franchement, et en parler de manière détaillée. Et
pourtant ce point semble-t-il, a été souvent discuté au cours de toutes les grandes
réunions et des différents débats qui ont marqué la transition centrafricaine. Il s’agit
du problème de l’IMPUNITÉ. D’ailleurs, dans les projets présentés par
Monsieur Dologuélé d’une part, et Monsieur Touadera d’autre part, le mot «
impunité » n’apparaît qu’une seule fois et de manière assez furtive, au milieu des
phrases « touffues » :
Projet de Monsieur Dologuélé : « L’administration sera décentralisée et
déconcentrée, pour la rendre plus efficace et mobiliser l’implication des citoyens dans
la gestion de la chose publique. Nous lutterons contre la corruption et l’impunité. »
Projet de Monsieur Touadera : « De même, pour conforter l’Etat de Droit dans
notre pays, le système judiciaire doit également être pleinement opérationnel dans
toutes les préfectures du pays pour traquer, juger les contrevenants et garantir les
Droits humains, lutter contre l’impunité et la corruption. »
Sans conteste, l’impunité demeure aujourd’hui, l’une des principales questions au
cœur du débat sur la paix, la réconciliation et même la sécurité en RCA. Elle ne
saurait donc être traitée aussi « légèrement », même et surtout quand il s’agit de
document de projet politique.
Et parlant d’impunité, l’on ne peut ne pas évoquer ici, la proximité historique ou
électoraliste des deux « candidats finalistes », avec l’ancien Président François
Bozizé, une proximité qu’il serait fastidieux et à la limite inutile d’en rappeler les
détails.
Néanmoins, une question très claire que se posent nombre de Centrafricains
mériterait une réponse précise de la part de Messieurs Georges Anicet Dologuélé
et Faustin Archange Touadera :
Quel sort comptent-ils réserver au Général François Bozizé durant l’exercice
de leur mandat présidentiel ?
D’ores et déjà, il convient de préciser, que répondre uniquement par des formules
sibyllines du genre « la justice fera son travail, Bozizé est un Centrafricain et la RCA
est son pays, ou que la justice internationale s’en occupe… », revient à botter en
touche.
Par ailleurs ne faut-il souligner avec force – et ce n’est guère faire insulte à qui que
ce soit -, queFrançois Bozizé, Général de l’armée centrafricaine, ancien Chef d’Etat
et père d’une grande famille, âgé bientôt de 70 ans, quelque soit le sort qui lui sera
réservé, mériterait après tout un traitement digne de son rang et du poids années ?
A la vérité, que voudraient les futures autorités centrafricaines en définitive ?
Réserver à Bozizé les mauvaises fortunes de Ahidjo, Mobutu, ou Idi Amin Dada,
ces anciens chefs d’Etat déchus, qui à force d’errer sont morts et enterrés en dehors
du pays qu’ils ont servi, en attendant le rapatriement très hypothétique de leurs
cendres chez eux? Ou alors, faut-il comme Taylor et Gbagbo, livrerBozizé à la CPI
que certains intellectuels africains n’ont de cesse de critiquer et de dénoncer pour
ses « fausses manœuvres » et ses tendances très orientées contre l’Afrique ?
Mais au-delà du cas Bozizé dont – qu’on veuille l’accepter ou non -, l’ombre plane
sur les élections en RCA et les mains n’arrêtent de tirer sur des ficelles invisibles, se
posent naturellement la question du sort de Djotodja, Nourredine, les criminels de la
Séléka et des Antibalaka, dont certains croupissent en prison ou courent toujours
malgré la menace des poursuites pénales.
Tout compte fait, quelles réponses apporter à toutes les victimes des crimes, viols et
pillages de ces dernières années en RCA ?
Si Georges Anicet Dologuélé et Faustin Archange Touadera, les deux Chefs
d’Etat potentiels, consentaient à répondre clairement aux questions posées, les
Centrafricains le leur revaudront sans doute dans les urnes d’ici quelques jours.


Guy José KOSSA


GJK Levillageois

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