DECLARATION LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU KNK

Publié le par TAKA PARLER

BERTIN BEA
BERTIN BEA

A propos des élections groupées de Décembre 2015, les prises de

position de l’Union Européenne, de la Communauté Economique des Etats

d’Afrique Centrale (CEEAC) et de l’Union Africaine sont sans ambiguïtés.

Ces organisations internationale, sous régionale et régionale ont

unanimement dressé le constat et émis le vœu suivants :

- La forte mobilisation du Peuple centrafricain pour le premier tour

des élections groupées ainsi que les conditions apaisées du vote sur

l’ensemble du territoire national ;

- La détermination des citoyens à choisir démocratiquement leurs

futurs dirigeants ;

- La nécessité du respect des engagements pris par tous les

candidats, à travers le Code de bonne conduite, à maintenir un

environnement apaisé, indispensable pour la poursuite du processus

dans le calme.

Formation Politique responsable en raison de son expérience dans la

gestion des affaires publiques, le KWA NA KWA (KNK) avait, en son

temps, mis en garde les uns et les autres sur les graves

dysfonctionnements liés à la préparation de ces élections groupées. De

l’avis de notre formation politique, puisque les conditions à la fois

technique, financière voire sécuritaire n’étaient pas réunies pour organiser

des élections crédible et transparente, il fallait envisager la solution

consensuelle d’une prorogation de la Transition afin de prendre des

mesures idoines en amont en vue d’organiser non pas des élections pure

et sans tâches mais plutôt des élections avec des risques minimes de

contestations éventuelles.

Beaucoup voyaient plutôt dans cette position réaliste du KNK une

manœuvre dilatoire destinée à éviter l’affrontement du suffrage des

électeurs. Le slogan de ces tenants de l’organisation, coûte que coûte, des

élections, était :"Allons seulement !". Nous avons encore en mémoire la

déclaration faite par le Président du Tchad, S.E Idriss DEBY ITNO sur le

perron de l’Elysée au sortir d’une audience avec le Président Français

François HOLLANDE : "Il vaut mieux de mauvaises élections qu’une

Transition chancelante" fin de citation.

C’est dans ce contexte que notre formation politique a, malgré elle,

choisi de se ranger dans cette dynamique de participer à ces "mauvaises

élections" en présentant des candidats aux législatives et à la

présidentielle de décembre 2015.

En dépit de la décision de la Cour Constitutionnelle de Transition

relative à l’invalidation de la candidature de l’Ancien Président François

BOZIZE YANGOUVONDA pour des motifs politiques, rien n’a été entrepris,

ni par le KNK ni par son Président Fondateur, pour entraver le bon

déroulement du processus électoral.

Aujourd’hui, même s’il est encore prématuré de tirer les principaux

enseignements de ces élections avant la proclamation des résultats par la

Cour Constitutionnelle de Transition, il y’a lieu néanmoins de livrer

quelques commentaires à la lumière des résultats de l’ANE.

Mesdames et Messieurs,

A propos de l’élection présidentielle notamment, l’ancien éditorialiste

de l’hebdomadaire français Le POINT Mr Denis JEAMBAR disait, je cite :

"L’élection présidentielle, décidément, n’est jamais un rendez-vous

ordinaire : si sa fonction première est d’installer un Chef d’Etat,

son rôle est aussi de dévoiler l’état du pays dans ce long

psychodrame qu’est la campagne électorale et d’opérer, le jour du

scrutin, une carthasis pour purger les passions. Elle est à la fois un

défoulement et une auto-médication. Dans le vote, l’électeur se

libère et se prescrit un traitement en choisissant un candidat".

Défoulement et auto-médication, sont donc les maitres mots du

comportement des électeurs lors du vote.

C’est ainsi qu’on peut aisément comprendre les piteux scores récoltés

par certains candidats à la présidentielle, jugés par la Communauté

Internationale de Bangui, comme les grands favoris de ce scrutin. "Entre

les sondages et le vote réel, la différence est la même qu’entre

l’astrologie et l’astronomie" disait Laurent FABIUS actuel Ministre

français des Affaires Etrangères. L’un de ces grands favoris, en raison de

ses relais au sein du Parti Socialiste français et de l’Internationale

Socialiste, Mr Martin ZIGUELE est péniblement parvenu en 4ème position. Il

a tout simplement fait l’objet d’un vote-sanction du fait de sa proximité

réelle ou supposée avec l’Ex-Coalition SELEKA, à l’origine de la descente

aux enfers de la République Centrafricaine.

En accord avec son Président-Fondateur, le KNK a fait le choix, avant le

premier tour du scrutin présidentiel, d’apporter son soutien à l’Ancien

Premier Ministre Anicet Georges DOLOGUELE, Candidat de l’URCA ; lequel

soutien s’est matérialisé par la signature d’un Protocole d’Accord Politique

en date du 22 décembre 2015 par les deux formations. Ce soutien ainsi

que celui des autres alliés a permis à ce dernier de parvenir en première

position d’après les résultats provisoires proclamés par l’ANE.

Par ma modeste voix, le KNK réaffirme son engagement à faire

triompher le candidat DOLOGUELE au 2ème tour, nonobstant les velléités

d’un groupuscule de militants égarés. Le Bureau Politique s’attèlera à

trouver les mesures appropriées pour conjurer ces comportements

d’indiscipline caractérisée.

C’est ici le lieu et l’occasion de rappeler toute notre disponibilité à

fournir les explications sur les raisons qui ont sous-tendu la décision du

KNK de soutenir le Candidat DOLOGUELE et non le Candidat Faustin-

Archange TOUADERA, Ancien Premier Ministre de BOZIZE pendant cinq

ans et ex-Vice-président du KNK. C’est donc sans langue de bois que je

vais m’y employer pour couper court à toutes les spéculations actuelles.

Ayant présenté moins d’une cinquantaine de candidatures aux

législatives faute de ressources financières, car les comptes bancaires du

KNK sont illégalement interdits de toutes opérations par les Autorités de la

Transition, le KNK a obtenu des résultats plus qu’honorables : 3 députés

élus dès le 1er tour et une bonne vingtaine de candidats en ballotage.

Comme pour reconnaitre le poids politique du KNK, sur l’échiquier

politique national, certains journaux de la place n’ont pas hésité à parler

d’un derby 100% KNK pour le second tour du scrutin présidentiel qui

mettra aux prises fort probablement Anicet Georges DOLOGUELE et

Faustin-Archange TOUADERA.

En tout état de cause, il y’a lieu de se réjouir de ces résultats lorsqu’on

sait que les Autorités de Transition et d’autres personnes mal

intentionnées n’ont pas lésiné sur les moyens d’anéantissement de notre

formation. Mais le KNK est resté debout tel un roseau qui plie mais ne

rompt pas.

Je vous remercie.

BERTIN BEA

Publié dans Actualité

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article