LES PROPOS INCENDIAIRES DE NOUREDDINE ADAM REMETTENT SUR LA PLACE PUBLIQUE LA QUESTION DE LA PARTITION DE LA RCA

Publié le par TAKA PARLER

NOURREDINE ADAM
NOURREDINE ADAM

Il est indécent de revenir chaque fois sur les propos habituellement incendiaires des chefs de guerre de l’ex-coalition séléka, qui indignent les centrafricains qui sont tous disposés à accepter le vivre ensemble après la bourrasque qui a failli emporter le pays. L’un des rebelles Noureddine Adam qui occupe la région de kaga bandoro a fait une sortie spectaculaire pour mettre en garde les autorités de la transition. En ce qui concerne le déploiement des fonctionnaires et agents de l’état dans les préfectures sous son contrôle, depuis qu’il s’est retiré en province après la déchéance de Michel Djotodia poussé à la démission par les chefs d’état et de gouvernement de la CEEAC lors du sommet extraordinaire à N’Djamena.

Il s’est donc opposé à l’installation des autorités administratives et militaires malgré la présence des forces internationales. Il a précisé son idée en disant qu’il ne demande qu’une chose : seuls les enseignants et personnels soignants sont autorisés dans son pré carré et que les autres commis de l’état peuvent rester où ils sont. En d’autres termes, le pays est de fait diviser. Pis encore, il s’oppose catégoriquement aux élections parce que sa nouvelle « république » n’est nullement concernée par ces opérations.

Dans la déclaration de Noureddine Adam, il annonce dans l’interview accordée depuis kaga bandoro à nos confrères de ndéké luka, il est revenu à plusieurs reprises sur les termes république de dar el kouti. Ce qui prouve à suffisance son intention affichée de diviser la République centrafricaine en dépit de l’accord de paix et de cessation des hostilités sur le terrain à Brazzaville et renforcé par les assises nationales du forum de Bangui de mai et juin dernier.

Curieusement, les chefs de guerre qui ont tous apposé leur signature au bas de cet important document ne semblent être concernés par ces engagements, disent-ils, de façade c’est-à-dire ils optent de saborder toute entente avec le gouvernement en dépit de la médiation de la communauté internationale. Ils profitent de la passivité des forces internationales pour narguer tout le monde à l’exemple de la descente des troupes de la séléka dans la ville de Sibut avec l’intention de marcher sur Bangui, mais grâce aux offensives lancées contre leurs positions, elles ont été mises en déroute par les anti-balaka et les casques bleus de la Minusca. Depuis lors, ils multiplient des exactions et des tueries mettant au défi les gouvernants.

Déclaration de guerre

Noureddine Adam prépare de grandes violences, si le gouvernement ne prend pas des mesures préventives. D’ailleurs, au début de la semaine, le porte-parole du gouvernement, le ministre de la justice, Dominique Saïd Panguindji qualifie les propos du chef rebelle d’une déclaration de guerre et demande son arrestation car, il s’oppose à l’organisation des élections dans la partie septentrionale de la République centrafricaine et le déploiement des fonctionnaires et agents de l’état.

En clair, pour l’instant, ce sont des déclarations de principe parce que le gouvernement incapable ne dispose pas des moyens de sa politique pour procéder à l’arrestation effective de Noureddine Adam. Pourtant, les forces internationales sont présentes dans la région qu’occupent les hommes de cet ennemi public des centrafricains.

Comment relever le défi à partir du moment où toute la République veut aller aux élections pour mettre fin à cette longue transition afin de revenir à l’ordre constitutionnel ? Du coup, si l’on s’en tient à la déclaration de Noureddine Adam, une partie de la population centrafricaine ne pourra prendre part à ces scrutins parce qu’ils appartiennent de fait à une autre « république » créée par les rebelles qui agissent en toute impunité. Que les autorités de la transition cessent avec la diversion et agissent pour sauver la vie de la nation en détresse

En définitive, s’il n’est pas d’accord avec le déploiement des agents de l’état pour n’avoir accepté que les enseignants et personnels soignants, que son « pays » en forme les siens.

Ghislain Focky

Publié dans Crise Centrafricaine

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Maguimbi 09/12/2015 09:30

Merci de le voir.et merci le travail propres.. .....

AHMED MAHAMAT 08/12/2015 20:08

Un pas en avant et deux pas en arrière, franchement où va la RCA ?
Je vous donne quarts points de méditations concernant notre pays, pour que chacun puisse apporter au moins une réponse aux multiples questions sans réponses.

1- Au sujet des élections
Le président Deby a dit vaut mieux une élection bâclé plus tôt qu’une transition chancelante ?
Voila la consigne vers laquelle nous nous orientons tout doucement, seul le bon Dieu sait si ces élections vont finir en beauté sans contestation. Tout ce qui compte pour nous c’est le retour a l’ordre constitutionnel.

2- L’accord entre Seleka – une partie des Anti Balaka
Les ennemies d’hier se sont réconciliées, seleka et une partie d’Anti Balaka à l’approche des élections, il faut prendre en compte que cette alliance a un porté stratégique plus tôt qu’un simple souci de contribuer a l’apaisement. Si par malheur ces deux forces du mal décide de se fusionner, leur nuisance pourra ressentir dans tous les quarts coins de la république.

3-Déclaration de Nouredine Adam
Le chef rebelle, Mr Nouredine Adam vient de tracer ses lignes rouges à l’attention du gouvernement de la transition, un gouvernement sans moyen, dépend lui aussi d’autre force pour se faire entendre. Mais cette fois-ci le ton marque une nouvelle ère de rupture totale sauf la force et rien que la force,

pour que ce lui qui sera plus fort impose sa vision de demain, en toute état de cause il faut prendre cette annonce au sérieux. Quelque soit l’issue de ce nouveau bras de fer , le défi s’annonce sombre et long .

4-Rejet de la candidature de Français Bozize
Et enfin, le rejet de la candidature de François Bozize par la cour constitutionnelle peut aussi être un sujet d’inquiétudes sur le plan stabilité, c’est une crise à gérer avec beaucoup de tact et diplomatie de peur que ce dernier puisse se joindre a Mr Nouredine dans le but de déstabiliser encore le pays sous forme de vengeance .