L'INTEGRALITE DE LA LETTRE ADRESSEE AU PAPE PAR FRANCOIS BOZIZE

Publié le par TAKA PARLER

Général François BOZIZE YANGOUVONDA
Général François BOZIZE YANGOUVONDA

NDLR: LA RÉDACTION DE TAKA PARLER A PU SE PROCURER LA COPIE DE LA CORRESPONDANCE DU GENERAL BOZIZE AU SOUVERAIN PONTIFE QUELQUES JOURS AVANT SA VENUE EN CENTRAFRIQUE. VEUILLEZ S'IL VOUS PLAIT PRENDRE CONNAISSANCE DU CONTENU.

Kampala, le 21 Novembre 2015

A

Sa Sainteté, le Pape François

Rome (ITALIE)

Objet : Situation socio-politique en République Centrafricaine

Excellence Saint – Père,

Depuis plus de deux ans, la République Centrafricaine traverse une crise à la fois politique, économique, sécuritaire et humanitaire d’une extrême gravité.

Grâce aux efforts multiformes de la Communauté Internationale, les risques d’un basculement vers un génocide ou une islamisation forcée ont été fort heureusement évités.

A l’heure actuelle, en dépit de la forte présence des forces onusiennes, la situation sécuritaire est loin d’être totalement maîtrisée comme on peut le constater à travers les récents développements de violences, tueries, pillages et destructions de maisons ayant provoqué d’importants mouvements de déplacés internes tant dans la capitale que dans l’arrière-pays.

C’est dans ce contexte d’affrontements inter-communautaires et de fracas des armes que Votre Sainteté effectuera, à la fin de Novembre prochain, un déplacement en terre centrafricaine pour apporter un message de paix et d’espérance au peuple centrafricain meurtri et presque abandonné.

Vivant en exil en OUGANDA depuis mon renversement anticonstitutionnel, je n’ai cessé de faire l’objet d’acharnement judiciaire inutilement. La détermination obsessionnelle des Autorités centrafricaines de Transition n’obéît qu’à une seule préoccupation : obtenir ma disqualification politique. A la base de cette velléité de mise à l’écart, deux prétextes sont soutenus par les promoteurs de cette politique d’exclusion :

  1. Les mandats d’arrêts internationaux décernés à mon encontre ainsi que la saisine de la Cour Pénale Internationale par le Gouvernement centrafricain courant 2014 pour des crimes inventés de toutes pièces ;

  1. Les mesures d’interdiction de voyage et du gel des avoirs prises à mon encontre par le Comité de Sanctions des Nations Unies contenues dans la résolution 2196.

Or, de l’avis des spécialistes, ni les mandats d’arrêts, ni les sanctions onusiennes ne peuvent constituer des peines afflictives ou infamantes, source de déchéance des droits civiques et politiques d’un individu pas encore condamné et donc bénéficiant du principe universel de la présomption d’innocence. En outre, les deux textes que sont la Charte Constitutionnelle de Transition et le Code Electoral n’ont pas expressément mentionné ces griefs comme motifs d’inéligibilité en République Centrafricaine.

S’agissant plus spécifiquement des sanctions contenues dans la résolution 2196 des Nations Unies, il a été prévu des exceptions. En effet, les mesures imposées par le paragraphe 3 de ladite résolution ne s’appliquent pas dans les cas suivants :

  1. Lorsque le Comité établit, au cas par cas, que le voyage se justifie par des raisons humanitaires, y compris un devoir religieux ;

  2. Lorsque l’entrée ou le passage en transit sont nécessaires aux fins d’une procédure judiciaire ;

  3. Lorsque le Comité conclut, au cas par cas, qu’une dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de paix et de réconciliation en RCA et la stabilité dans la région.

Loin de résoudre durablement cette crise multidimensionnelle, la politique de mise à l’écart prônée par les Autorités de Transition est non seulement contre-productive mais aussi et surtout se place aux antipodes des pertinentes prises de position des Organisations sous-régionale et internationale telles que la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Sant ‘Egidio, le Centre du Dialogue Humanitaire et l’Organisation de la Conférence Islamique qui ont toujours préconisé la tenue d’un Dialogue Inclusif, comme meilleure voie de règlement de la crise centrafricaine.

Par ailleurs, de nombreux observateurs et acteurs de la vie politique centrafricaine ont relevé de multiples incohérences et violations du Code Electoral susceptibles d’entraver le bon déroulement du processus électoral ayant trait à :

  • L’inexistence du fichier électoral qui rend illégale la convocation du corps électoral (cf : article 30 du Code électoral) ;

  • Le délai d’affichage des listes des électeurs est contraire aux dispositions de l’article 30 alinéa 3 nouveau du Code électoral ;

  • Le non-respect des délais de réclamation et de la procédure contentieux prévus aux articles 98 et 99 dudit Code.

Pour tout dire, le chronogramme électoral actuel est qualifié de "Bombe politique" en ce qu’il ne remplit pas les conditions de la tenue d’élections libre, transparente, régulière et incontestée comme l’ont si pertinemment souligné aussi bien l’Alliance des Forces Démocratique pour la Transition (AFDT) et la Concertation élargie des Plateformes politiques, Partis Politiques, Associations Politiques et Personnalités Indépendantes c’est à dire, l’ensemble des Forces Vives de la Nation en date du 11 Novembre 2015.

Ces sonnettes d’alarme se heurtent à l’entêtement des Autorités de la Transition d’aller aux élections présidentielle et législatives dans un climat d’insécurité généralisée.

D’où la nécessité de créer les conditions d’un Dialogue Inclusif pour éviter à la République Centrafricaine le risque d’une descente aux enfers.

C’est pourquoi, cette visite papale représente aux yeux du Peuple Centrafricain l’ultime espoir avant cette descente aux enfers.

L’attachement de votre Sainteté à la noble cause de la paix dans le monde à travers les récentes initiatives de règlement du conflit Israélo-palestinien ainsi que le succès obtenu dans le dénouement du différend diplomatique entre les Etats Unis d’Amérique et CUBA sont autant de raisons d’espérer dans vos aptitudes morale, philosophique et spirituelle à œuvrer en vue de l’instauration de ce Dialogue inter-centrafricain, condition du retour à la paix.

Est-il besoin de rappeler qu’en Septembre 2013 à l’occasion de la Rencontre Internationale pour la paix organisée par la Communauté Sant ‘Egidio, Votre Sainteté avait prononcé cette phrase : "Dans le monde, dans les sociétés, c’est également parce que le Dialogue est absent qu’il y’a peu de paix, on peine à sortir de l’horizon étroit des intérêts personnels pour s’ouvrir à une confrontation véritable et sincère. La paix exige un dialogue tenace, patient, fort, intelligent pour lequel rien n’est perdu. Le dialogue peut vaincre la guerre. Le dialogue fait vivre ensemble des personnes de différentes générations, qui s’ignorent souvent ; il fait vivre ensemble des citoyens de diverses origines ethniques, de convictions différentes. Le dialogue est la voie de la paix ; parce que le dialogue favorise l’entente, l’harmonie, la concorde et la paix. C’est pour cette raison qu’il est vital qu’il grandisse, qu’il s’étende aux personnes de toutes conditions et convictions comme un réseau de paix qui protège le monde et surtout qui protège les plus faibles" fin de citation.

En ma qualité de plus Ancien Président de la République Centrafricaine Démocratiquement élu encore en vie, je formule le vœu que cette visite papale en terre centrafricaine puisse contribuer à la Re-naissance de notre pays de ses cendres à travers un Dialogue Inclusif de réconciliation nationale afin d’aboutir à des élections véritablement libre, transparente, et acceptée de tous.

Veuillez croire, Très cher Saint-Père, aux assurances de ma respectueuse considération.

Général François BOZIZE YANGOUVONDA

Ancien Président de la République Centrafricaine

TAKA PARLER

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Ismaeil 04/12/2015 10:46

Il y'a un temps pour tout! Il faut admettre que votre page est définitivement tournée. Avec la visite du Pape, son accueil très réussi sans aucun incident par les musulmans de PK5 et par tous les frères chrétiens et autres, votre argument d'islamisation de notre Pays, la présence des terroristes islamistes, des djihadistes, des Boko Haram au PK5 ne colle plus. Il n'y a que des musulmans ordinaires au PK5. Ceux qui créent les désordres peuvent être amenés facilement à la raison, c'est ce qui a été fait pendant la visite du Pape. Ils ont été sages donc ont peut toujours les maitriser il suffit de dire à vos AB d'être aussi sages et la Paix dans notre pays sera au Rendez-vous. Merci

kamoun 04/12/2015 21:33

a cause ton papa,que les musulman souffre ,fils de pute ,chien