ILLOGISME OU PROMESSE REALISTE

Publié le par TAKA PARLER

ILLOGISME OU PROMESSE REALISTE

L’un des illogismes qui caractérisent cette précampagne réside dans les promesses irréalistes et totalement démagogiques de certains de nos politiciens de bas étage, tendant à faire croire qu’une fois au pouvoir, ils installeraient une région militaire dans chaque préfecture afin de rétablir la sécurité. Un vrai tissu de mensonges sur fond de démagogie.

Certes le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire centrafricain est la priorité des priorités. Mais la résolution de cette équation à variables multiples doit se faire dans de cadre d’une approche globale du problème centrafricain. Ce problème est multidimensionnel et nécessite pour sa résolution la prise en compte des paramètres économiques, sociales et culturelles de la RCA.

Quelles sont les composantes du PROBLEME CENTRAFRICAIN :

  • Un pays en cessation de paiement

  • Economie sous perfusion étrangère

  • Paupérisation généralisée

  • Ressources mobilisables à brève échéance totalement dérisoires (~200 milliards de FCFA)

  • Insécurité endémique

  • Absence totale (ou en état de délabrement avancé) des infrastructures sanitaires, routières, scolaires et universitaires, … etc.

Le nouveau gouvernement une fois en place, doit s’attaquer au problème centrafricain de façon globale. Je ne vois donc pas comment, dans ces conditions, envisager l’installation d’une région militaire dans chaque préfecture, même à moyen terme, puisse être autre chose qu’une ineptie politique. La restructuration de l’armée centrafricaine en vue de la rendre opérationnelle sur toute l’étendue du territoire ne doit pas se faire au détriment des autres secteurs comme la santé, l’éducation, la préservation de l’environnement, etc.

Le comble c’est qu’ils ne nous disent pas comment ils comptent s’y prendre pour améliorer le budget de l’état. Il n’est mentionné nulle part dans les différents programmes publiés, des préconisations en vue d’élargir l’assiette fiscale notamment, et répondre ainsi aux objectifs de développement!

Je me permettrais de donner succinctement, à titre d’exemples, quelques pistes de réflexion susceptibles de contribuer à accroître de façon substantielle les recettes fiscales de l’état, que je m’attendais à voir au moins en partie dans le programme de quelques candidats à la présidentielle, mais nada :

  • La fiscalisation des activités informelles par le passage des entreprises du secteur non structuré vers le secteur structuré

  • L’intensification de la lutte contre la fraude, l’évasion fiscale et la corruption

  • L’amélioration du suivi du respect des obligations fiscales des PME

  • La promotion du civisme fiscal

  • Faire cesser la surexploitation ou la sous-exploitation des gisements fiscaux

  • Le développement du secteur agricole qui aura pour corollaire une contribution fiscale

  • Mettre en place le cadastre fiscal et fiscaliser le foncier

  • Etc…

Chacun élabore son chapelet de promesses fallacieuses qui va lui servir d’appâts pour aguicher les électeurs crédules et naïfs. La Centrafrique est devenue un cirque à ciel ouvert. Pire encore, à trois semaines des élections, les programmes détaillés et chiffrés avec des objectifs et des échéances ne sont toujours pas là. Et, à la place, on nous distille à l’emporte-pièce des programmes de complaisance sorties tout droit d’une école élémentaire. La quête du pouvoir ne doit pas faire perdre raison à nos politiciens, qu’ils soient amateurs ou professionnels de la délinquance financière. Bien évidemment, il y’a le troisième groupe qui est constitué de ceux sur qui la Centrafrique compte pour amorcer son développement économique et social cher à Barthélémy Boganda. A ceux et CELLE là, je leur souhaite bonne chance.

Oswald Yewha

Publié dans Election

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