A GA MBANA AWE LA. DIXIT LE PRESIDENT DU MOUVEMENT KITE QUI CONTESTE LA CREDIBILITE DES ELECTIONS .

Publié le par TAKA PARLER

BIDA KOYAGBELE
BIDA KOYAGBELE

TAKA PARLER : Bonjour monsieur, Bida votre candidature semble avoir été invalidée par erreur relevant d’un dysfonctionnement auprès de la cours constitutionnelle ?

BIDA KOYAGBELE : Oui et non, oui parce que la cours n’a pas fait son travail, en ce sens qu’elle n’a pas lu le droit elle a plus fait de la politique qu’autre chose, non parce que c’est l’ambassadeur de France et les autorités en place qui ont imposé l’invalidation de ma candidature, pour ne pas troubler le jeu électoral comme ils l’auraient laissé entendre à des membres de la cours constitutionnelle, laissant entendre que tous les éléments n’avaient pas été versés au dossier. Malheureusement pour eux nous avions eu la présence d’esprit de faire certifier par le greffier de la cours constitutionnelle tous les éléments versés au dossier.

TAKA PARLER : qu’allez-vous faire maintenant, allez-vous acceptez cette décision injuste, allez-vous vous contenter des législatives ?

BK : Je me suis toujours battu contre l’injustice toute ma vie et encore une fois je ne me laisserai pas faire. Nous avons déposé un recours à la cours constitutionnelle. C’est mon droit je suis centrafricain surtout que j’avais tous mes documents, représentant de cette masse silencieuse et laborieuse, qui souffre depuis plus de 125 ans depuis l’avènement de la colonisation, les paysans de Centrafrique. A l’heure où nous parlons ce sont nos filles et nos garçons qui se font kidnapper et violer par les militaires français, les selekas dans nos villages à l’Est. Ce sont ces mêmes paysans qui représentent 80% de la population dont les activités pesaient à hauteur de 48% du PIB qui vivent dans une moyenâgeuse misère, pas de sécurité, pas d’écoles pour nos enfants, pas d’hôpitaux, pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de travail etc. Nos paysans qui préservent un certain nombre de valeurs fondamentales pour refonder la société, ont un rôle important à jouer. Sans compter le potentiel humain, les enfants de paysans sont des médecins, des ingénieurs, des chercheurs- des financiers, des businessmen potentiels pour peu que leur génie soit mis en valeur par un bon système éducatif.

TKP : Qu’allez-vous faire si la cours maintient injustement sa position ?

BK : Vous savez je suis un révolutionnaire, la révolution est mère de démocratie, cela veut dire que je suis un démocrate par essence. Nous avons joué le jeu démocratique jusqu’au bout. Nous paysans de Centrafrique pour la troisième fois dans l’histoire nous nous sommes organisés politiquement. Cette masse silencieuse et laborieuse qui souffre tant mais pas seulement elle tout ce peuple souffre, ce peuple a droit au bonheur, il a le droit d’être heureux en Afrique et chez lui, il a le droit de présenter et choisir librement ses candidats. Mais il surtout droit à la sécurité, à l’éducation gratuite, à la santé gratuite (à l’instar du Rwanda ou la santé est quasi gratuite ou à Cuba). Ce peuple a aussi droit à de l’eau à de l’eau potable gratuite, à de l’énergie 100% renouvelable, mais aussi du travail pour tous, des crédits garantis par l’état pour tous pour permettre aux uns et aux autres de réaliser leur projets. Ce peuple a tout simplement le droit de réaliser ces rêves, tel est la raison de notre révolution du Bonheur, dit révolution ti Bomengo.

TKP : Qu’allez-vous faire alors ?

BK : Vous savez Mandéla disait que c’est l’ennemi qui détermine les armes qu’on doit utiliser pour le combat. Si la cours maintient son injuste posture cela prouvera à suffisance qu’il y a une volonté délibérer de me contraindre à ne pas me présenter. Comme ils veulent agir sur la contrainte, la révolution agira aussi par la contrainte. D’autres options s’offrent à nous, le peuple et vous-même êtes témoin du fait que nous avons joué le jeu jusqu’au bout. Ce qui est sur nous devons mettre un terme à la souffrance de ce peuple et exploiter nos ressources que dieu a bien voulu mettre à notre disposition, à savoir nos terres fertiles, nos ressources minérales, notre pétrole que nous exploiterons au profit du bonheur du peuple et de l’Afrique, par la révolution ti Bomengo. Mais la principale ressource que nous mettrons en valeur sera le peuple centrafricain, par l’éducation, la formation, la sensibilisation etc.

TKP : Qu’entendez-vous par d’autres options ?

BK : La démocratie veut dire au sens étymologique le pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple. Or aujourd’hui dans le cadre de ce simulacre d’élection, ou la constitution qui n’a pas été défini en tenant compte des aspirations profondes du peuple, a été voté dans des conditions lamentables par 17% du corps électoral, dont le recensement n’était pas terminé. C’est une honte pour la communauté internationale qui prétend vouloir organiser des élections crédibles, libres transparentes et inclusives. Or c’est tout le contraire tout ceci pour imposer des suppôts de la France, vomis par la population. Ils savent que le peuple aspire à une révolution et qu’on allait gagner ces élections grâce à nos idées révolutionnaires.

TKP: On dit que l’ANC et les écologistes vous ont donné beaucoup de moyens vous avez 17 containers bloqués à Douala, 22 véhicules, 10 tracteurs, 200 000 T shirts, c’est peut être tous ces moyens qui ont fait peur ?

BK : Non je ne crois pas, au-delà des moyens ce sont les idées qui leur font peur, la révolution ti Bomengo, la révolution du bonheur du peuple. Voilà la véritable aspiration du peuple, son bonheur.

TKP : Pourquoi l’ANC, des partis progressistes et écologistes africains vous donnent tous ces moyens ?

BK : Parce que je suis panafricain convaincu, qui se bat pour l’unité de l’Afrique. En tant qu’écologiste, j’estime qu’il va falloir stopper l’exploitation du bois et geler l’exploitation de l’uranium afin de préserver l’environnement, ce qui est de nature à séduire mes amis écolos car aucun écologiste politique n’est allé aussi loin.

TKP : qu’allez-vous faire de tout ce matériel de campagne ?

BK : Nous allons le donner gracieusement au peuple ?

TKP: et après qu’elles seront vos projets si vous n’êtes pas validé ?

BK : Aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence, c’est trop tard. La révolution se manifestera sous d’autres formes.

TKP : Comment ?

BK : Il y a une expression que je trouve pleine de sens dans notre belle langue le Sango dans ce contexte « A GA MBANA AWE LA »

TKP : qu’entendez-vous par là ?

BK : Les compatriotes et les paysans me comprendront.

TKP : Que pensez-vous de la transition ?

BK : Des irresponsables qui jouent avec l’avenir d’un peuple, l’avenir de nos enfants

TKP : Que pensez-vous de madame Sambapanza

BK : Tout aussi irresponsable, mais elle portera devant l’histoire et le peuple les conséquences de cette irresponsabilité ainsi que les autres membres de la transition.

TKP : Que pensez-vous de la constitutionnelle ?

BK : Le jour viendra où ils répondront de leurs actes devant le peuple et l’histoire.

TKP : revenons à votre expression « A GA MBANA AWE LA » qu’entendez-vous par là, permettez-moi d’insister ?

BK : On veut ravir au peuple et au paysan leur pouvoir par la contrainte, ils le récupèreront ainsi par les même moyens

TKP : Pourquoi n’aimez-vous pas la France.

BK : Je n’ai pas à aimer où à ne pas aimer la France. Ce qui est important en politique et pour nous africains et d’aimer notre continent l’Afrique et nos pays et de défendre nos intérêts. Nous devons raisonner comme la France en termes d’intérêts de l’Afrique et de notre pays. Cela fait 125 ans depuis l’avènement que la France pille, tue, viole en RCA et impose des potentats locaux. Le néocolonialisme français va à l’encontre de nos intérêts. Nous pouvons plus accepter de subir cela. Nous avons le droit d’être heureux chez nous, d’exploiter nos ressources au profit de notre bonheur du bonheur de l’Afrique après avoir tant souffert. Il y a un temps pour tout, il y a une fin à tout. Il est temps pour nous d’être heureux et il est temps de mettre fin au néocolonialisme français.

TKP : Vous avez mis la tête de Nourredine à prix, pourquoi ?

BK : Le djihadiste Nourredine est utilisé par la France pour déstabiliser la Centrafrique au profit de ses intérêts et dissuader quiconque voudrait investir dans ce pays dans la mise en valeur de nos ressources à commencer par les américains et les chinois qui ont découvert le pétrole. Ce dernier pousse l’outrecuidance à vouloir initier une partition du pays après avoir tenté avec Djotodja de diviser le pays sur la base de considérations religieuses. Dieu merci nous nous réconcilions avec nos frères musulmans. Maintenant il faut régler son problème et le liquider par tous les moyens qui s’imposent, car le panafricain que je suis ne peut tolérer une quelconque forme de partition de l’Afrique.

TKP : Votre dernier mot

BK : Je lance un appel à tous mes frères, à tous les croyants chrétiens, musulmans, kimbaguistes animistes etc, à s’inscrire immédiatement dans une logique de réconciliation, afin qu’ensemble nous puissions initier cette révolution ti Bomengo, pour l’unité la réconciliation et le Bonheur de notre peuple et de l’Afrique. Ils ont fait de ce pays un enfer, nous en ferons un paradis. « Koukoungo a kè foufoungo ». Ils ont fait de notre pays un enfer, nous en ferons un paradis. Ensemble nous combattrons le terrorisme.

TKP : Monsieur Bida je vous remercie

Propos recueillis par TAKA PARLER

Publié dans Election

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TANGUY 22/12/2015 10:21

Le Centrafricain moyen, naïf et incrédule aime ce discours démagogique qui le caresse dans le sens du poil. En ce sens que ce discours lui promet monts et merveilles (beaucoup d'argent et de moyens en provenance d'Afrique du Sud). C'est du genre de celui qui sort souvent de la bouche de nos journalistes/griots quand ils tendent le micro aux partenaires : "Que peut attendre le peuple centrafricain de cette visite ou de ce programme?". En somme, il s'agit d'une vision du monde basée l'assistanat et l'incapacité congénitale du centrafricain de s'auto-prendre en charge. Je me situe à l'antipode de ce discours ambiant qui est destiné à endormir et annihiler le génie de ce peuple. Non, le problème de la RCA n'est pas un problème d'argent ou d'autres pacotilles que les esprits généreux doivent nous distribuer. Vous donnerez l'argent du monde entier à ce pays si les manières et les pratiques ne changent pas vous obtiendrais zéro résultat. Alors cessez avec vos discours infantiles et paternalistes envers ce peuple. Trouvez les vrais valeurs qui peuvent nous pousser vers l'avant. A propos... Celui là qui se dit paysan.... Dans quel partie du pays peut on retrouver ses fermes et troupeaux d'animaux ?

Gaza jeannice 22/12/2015 02:55

Que dieu soit avec toi mon frère, voilà un digne fils de RCA qu'il nous faut. Tu n'est pas non seulement un révolution, mais aussi un messie éclaireur des centrafricains. Tu as tout notre soutien( Ti TA TENE À MBANA AWE, ALA FA ANGO LE, I BOUBA GUI YA TI NGUIA NI TONGANA SO ALa SALa NGNA SO ).Du courage.

NADE Berty 21/12/2015 20:26

Des propos exaltants et courageux..Le combat futur consistera à les implémenter pour le bien du peuple centrafricain qui n'a que trop souffert...

Édouard SEREFIO 21/12/2015 11:09

Je partage le point de vue Politique, Economique, du President Bida Koyagbele ! Felicitations !