L’ÉTRANGE DÉBAT DES ÉLECTEURS CENTRAFRICAINS

Publié le par TAKA PARLER

Guy José KOSSA
Guy José KOSSA

« Si je diffère de toi, loin de te léser, je t'augmente »

Sur les réseaux sociaux, les potentiels électeurs centrafricains, sont déjà bien partis, pour impulser la dynamique et donner le ton des campagnes en vue des prochaines présidentielle et législatives en RCA. Et c’est tant mieux ! Cependant, il y a encore à regretter, que les discussions semblent osciller entre des condamnations, des injures et des indécences. Aussi, si notre but à tous reste de sortir ensemble notre pays de là où il se trouve – champ de ruine et de crises à répétitions -, dans l’espoir de l’amener à atteindre le stade auquel nous espérons l’élever – une démocratie normale -, on aurait tant aimé assister plutôt à des débats qui sans être mornes et ternes, devraient éviter d’être des occasions d’exprimer des haines contenues, et surtout d’exposer et soutenir des thèses divisionnistes et négationnistes.

En effet, l’angoisse que suscitent certaines réflexions et manques d’analyse, fait craindre franchement pour l’avenir de ce pays, que malheureusement ses propres enfants, semblent vouloir contraindre encore, à subir de longs siècles d’obscurité et d’obscurantisme. Et « Si elle avait été une mère, de chair et de sang, la RCA aurait sans doute mal, très mal à ses entrailles, exactement comme une génitrice peut souffrir pour l’enfant qu’elle a porté dans son sein. »

Quant aux nombreux jugements haineux et dédaigneux sur la personne des candidats et leurs sympathisants, ils imposent en principe et avant tout, d’adopter des attitudes plus sereines afin de leur accorder des réponses tout aussi sereines. Notre but demeure l’avènement d’une RCA réconciliée et en paix avec elle-même.

Cela dit, au nom de quoi, de quelle rationalité et pourquoi, des Centrafricains devraient-ils se permettre d’interdire à d’autres citoyens centrafricains, le droit de rendre public leur choix personnel, quitte à préciser clairement le nom du candidat pour qui ils voteront ? Où sommes-nous ? Pourquoi ceux qui font partie des bureaux de toutes les organisations politiques, des directions de campagne ou des différents états majors, devraient-ils avoir raison et donc plus le droit, de prendre parti publiquement pour le candidat de leur choix – pour qui eux aussi voteront naturellement -, que celui qui s’engage à titre personnel, de rendre public son choix et son vote ? Qu’elle est étrange cette assimilation de la notion de « vote secret ou secret du vote» ! « Secret de vote » serait-il devenu dans l’esprit de certains Centrafricains « secret des convictions », en ce sens que personne ne devrait exprimer et faire valoir son opinion ? Mais de quoi parlons-nous ? En tout cas, c’est là, une bien déplorable leçon de démocratie.

Plus est, comment ne pas s’étouffer, d’entendre évoquer la campagne avant la campagne, le trafic d’influence ou la malhonnêteté intellectuelle - sans trop savoir à quoi pensent ceux qui en parlent ! Que d’inutiles procès d’intention et des « a priori » qui mobilisent, stérilisent et plombent les échanges dont on se seraient attendus à ce qu’ils fassent naître des arguments de valeur.

Quand on lit par exemple et qu’au bout du compte, l’on s’aperçoit que tous les candidats sont des assassins, des voleurs, des violeurs, des pilleurs du trésor public et tuti quanti, on se demande quels « saints et anges » descendront du ciel pour présider aux destinées de la Centrafrique ? Avoir servi sous un régime de prédateurs fait de tout le monde des prédateurs et de criminels ? Être né dans une famille de terroristes, signifie-t-il que tous les membres de cette famille sont des terroristes ? Sans faire l’injure à personne, faudrait-il des « respectables » Centrafricains, souffriraient de la dangereuse « maladie de la raison » ou plutôt du « syndrome de instrumentalisation de la raison », dont les symptômes se manifestent sous forme de logique apparente et de rationalisation à partir des prémisses totalement fausses ?

La véritable honnêteté, chers compatriotes, c’est de savoir reconnaître les qualités de l’adversaire ou du concurrent quel qu’il soit. Nous ne sommes pas en guerre ! « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t'augmente » ! Si le but du jeu consiste à défendre chacun sa chapelle, il faut craindre que les débats malsains, deviennent un instrument de lynchage populaire, et les réseaux sociaux, des terrains de pur banditisme ordinaire.

Par ailleurs, quand on est à court d’idées et d’arguments, et que le seul « péché » qu’on trouve à reprocher à un candidat, sans avoir le COURAGE de l’exprimer « à haute et intelligible voix », reste le fait pour lui d’être MUSULMAN, je pose alors ces questions :

  • en Centrafrique, qui n’a pas dans sa famille, parmi ses proches, ses amis et connaissances, un musulman d’une part ou un chrétien de l’autre ?

  • à cause de cette crise qui perdure et nous divise, qui n’a déploré parmi les victimes, des parents, proches, amis et connaissances, musulmans d’une part ou chrétiens de l’autre ?

Qu’on se le dise. Le musulman et le chrétien de Centrafrique, resteront l’un pour l’autre, ce que la vie est à la mort et la mort à la vie. En Centrafrique, les chrétiens auront toujours leurs musulmans, et les musulmans leurs chrétiens, comme l’enfant qui naît toujours de deux parents, arrive dans la vie avec deux yeux, deux bras, et deux oreilles. Personne ne sortira de là ! Et bravo pour la RCA réconciliée !

Enfin, quand certains « s’amusent » à définir et à réduire l’indépendance « intellectuelle », au rejet systématique et à l’auto-interdiction d’opérer des choix, ou plutôt de faire l’unique choix de s’enfermer dans l’amertume, et donc de se condamner soi-même, à ne voir que le mal en toute chose et en tout être humain, je me dis : décidément, la Centrafrique n’en a pas fini avec les fuites de responsabilités, les contre exemples, les rages sans courage de certains de ses fils, très « éclairés » semblent -ils!

En définitive, dans notre pays, la mauvaise gouvernance, les dictatures en puissance et les rébellions, ont leurs raisons de naître, de proliférer et de perdurer, que les mauvais choix démocratiques du peuple avalisent, et que cautionne le silence des « intellectuels ».

A titre personnel, je refuse d’abandonner mon destin et celui de mon pays aux seuls choix des autres que je respecte. Pour moi, Il n’y a qu’un seul fauteuil présidentiel. J’ai fait le choix personnel de choisir Karim Meckassoua pour l’occuper, inch’allah !

C’est bien une subjectivité que j’assume totalement.

Chacun est libre de dire oui ou non. Après tout, il n’y a pas plus de lettres dans « OUI » que dans « NON » ! « Même le meilleur danseur du monde est un fou pour celui qui refuse d’entendre la musique».

Encore une fois,

JE NE CRAINS PAS DE DÉPLAIRE, JE NE CHERCHE PAS A COMPLAIRE, JE REFUSE DE ME TAIRE !

Guy José KOSSA- GJK Levillageois Engagé

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